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« Et si vous étiez votre propre angle mort ? » Un série en 7 actes.

La Finalité de la Série

Fort de quarante ans de conseil auprès d’entrepreneurs et de dirigeants, j’ai observé un paradoxe fascinant : ce ne sont pas les problèmes qui bloquent le plus souvent les organisations, mais la façon dont leurs leaders et leurs équipes les perçoivent. Ou plutôt, comme beaucoup ne les perçoivent pas.

Cette série d’articles explore une question dérangeante : « et si vous étiez votre propre angle mort ? » Et si votre manière habituelle d’appréhender les situations problématiques – celle qui vous a parfois si bien réussi – était devenue votre principal frein à votre appréhension de la réalité, à l’innovation et à l’évolution ?

Ces articles ne sont ni un jugement ni une leçon de morale. Ils proposent un miroir, un dialogue avec soi-même, une invitation à découvrir comment une simple modification de perspective peut transformer une impasse en opportunité.

En reconnaissant ces mécanismes, l’objectif est d’amener chacun à découvrir de nouvelles façons, plus efficaces et porteuses de projets, d’envisager les défis quotidiens, passant ainsi de la réaction à l’évolution stratégique.

Au fil de ces sept articles, vous découvrirez autant de cas concrets, incarnés, dans lesquels chacun de nous, entrepreneur ou non, se reconnaîtra. Car nous portons tous, parfois plusieurs en même temps, ces postures mentales qui nous rassurent autant qu’elles nous limitent. La force de cette série est là : montrer que personne n’y échappe, que nos fonctionnements ne sont ni des fautes ni des fatalités, mais des points d’appui formidables dès lors qu’on en prend conscience.

Les fondements scientifiques : ce que la recherche nous enseigne

Cette approche s’appuie sur plusieurs décennies de recherche en sciences cognitives et managériales :

Les biais cognitifs et l’excès de confiance – Les travaux de Daniel Kahneman (Prix Nobel d’économie 2002) et Amos Tversky ont démontré comment nos biais cognitifs faussent systématiquement notre jugement. L’excès de confiance (overconfidence bias) conduit particulièrement les experts et les leaders à surestimer leur maîtrise des situations.

La cécité aux signaux faibles – Les recherches de Karl Weick sur le sensemaking organisationnel révèlent comment les organisations échouent souvent non par manque d’information, mais par incapacité à donner du sens aux signaux qui contredisent leurs certitudes.

La psychologie des défenses – Les mécanismes de défense identifiés par la psychologie (déni, rationalisation, projection) ne sont pas des pathologies mais des réflexes humains universels. Travaux de référence : Anna Freud, puis Chris Argyris sur les « routines défensives organisationnelles ».

L’apprentissage en double boucleChris Argyris et Donald Schön ont montré la différence entre corriger une erreur (simple boucle) et remettre en question les présupposés qui l’ont causée (double boucle). Seul ce second niveau permet une véritable transformation.

La théorie de l’aveuglement volontaireMargaret Heffernan explore comment les organisations cultivent activement l’ignorance de ce qu’elles ne veulent pas voir (Willful Blindness).

Il est donc crucial de « challenger ses propres grilles d’analyse » et de structurer les processus décisionnels pour limiter leur impact sur l’équipe et la stratégie. Cette série s’inscrit précisément dans ce cadre : une invitation à l’auto-réflexion, à la remise en mouvement intérieure, et au développement de la diversité cognitive.

Les 7 types d’Entrepreneurs

À travers mes quatre décennies d’accompagnement d’entrepreneurs et de dirigeants, j’ai identifié sept profils récurrents. Chacun d’eux a développé une stratégie spécifique face aux situations problématiques – stratégie qui fut souvent un atout, avant de devenir un piège : Voici ces 7 types d’entrepreneurs selon leur posture face à un problème, chacun étant caractérisé par une question essentielle qu’il ne se pose jamais et les conséquences.

Type 1 : « Je maîtrise, tout est sous contrôle » Question non posée : « Qu’est-ce qui m’échappe précisément parce que je crois tout maîtriser ? » Conséquence : Signaux faibles ignorés, équipes qui cessent d’alerter, crises évitables qui surviennent.

Type 2 : « Je persiste et signe «  Question non posée : « Et si mon expérience passée ne s’appliquait pas à cette situation ? » Conséquence : Rigidité, incapacité à s’adapter à de nouveaux contextes.

Type 3 : « C’est la faute à … » Le problème vient des autres, pas de moi » Question non posée : « Qu’est–ce que JE peux changer dans MA façon de faire ? » Conséquence : Conflits récurrents, turnover, culture du blâme, impuissance apprise.

Type 4 : « Je fonce dans le mur et j’ai peur ! » Question non posée : « Qu’est-ce que ce mur me cache ? » Conséquence : tétanisation, attraction du mur, isolement.

Type 5 : « Que voulez-vous que j’y fasse ? ! » Question non posée : « Qu’est-ce que je peux faire AVEC ce que J’AI déjà ? » Conséquence : Problèmes qui grossissent, options qui se réduisent.

Type 6 :  » J’ai tout essayé «  Question non posée :  » Est-ce que je m’y prends de la bonne façon pour résoudre ce problème ? » Conséquence : Répète les mêmes stratégies sans résultat.

Type 7 :  » Ai-je vraiment envie de traiter ce problème ? » Question non posée : « Est-ce la complexité du problème qui m’arrête, ou ce qu’il révèle de moi ? » Conséquences : Un doute sur la nature du problème à traiter, un tiraillement entre ses valeurs et la réalité, une crainte refoulée de savoir si traiter ce problème va l’amener à changer.

Chaque type est un miroir. Et chacun pourra, à un moment ou à un autre, se reconnaître dans ces portraits : parfois un peu, parfois beaucoup, parfois trop. C’est précisément de cette reconnaissance que naît la lucidité.

Le Sens et le Ton de ces Articles

Ces articles ne sont ni un jugement ni une morale. Le ton est celui d’une curiosité constructive, d’une introspection guidée. Chaque article prend la forme d’un entretien imaginaire, façonné en écho à mes 40 ans d’accompagnement d’entrepreneurs. Un dialogue fait d’écoute réelle, d’empathie et de confrontation bienveillante.

À travers ce cheminement, l’entrepreneur découvre par lui-même la nature de ses angles morts et les conséquences qui en découlent. Progressivement, ces prises de conscience l’amènent à renouveler son regard et à construire sa propre voie vers plus de lucidité. L’objectif est l’autonomie, la clarté… et parfois même un début de transformation.

Chaque article repose sur :

  • 40 ans d’accompagnement de dirigeants
  • Des verbatims authentiques, recueillis au fil des années
  • Un dialogue où j’incarne « RéSolutions », guidant l’entrepreneur vers plus de lucidité et de puissance d’action
  • Des pistes de réflexions et d’action

👉 Retrouvez l’intégralité de la série :
 » Et si vous étiez votre propre angle mort ? « 

#Leadership #Responsabilité #Stratégie #Entrepreneuriat #Management #Angle mort

 

 

 

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Pourquoi vos plans stratégiques finissent dans un tiroir (la solution en masterclass)

 

Avouez-le : vous aussi, vous avez vécu cet échec

Combien de fois avez-vous assisté à ces longues réunions stratégiques ? Combien d’heures passées à élaborer des plans détaillés ? Et combien de ces plans ont réellement été mis en œuvre ?

Vous êtes nombreux à avoir connu ces études stratégiques coûteuses qui n’aboutissent jamais. Ou pire encore : celles qui aboutissent à un beau document PowerPoint qui se révèle inapplicable dès qu’il affronte la réalité du terrain.

Face à l’incertitude croissante du monde actuel, la question se pose : quelle décision prendre ? Quelle action entreprendre ? Quelle stratégie mettre en œuvre ?

La question qui dérange tous les dirigeants

C’est dans ce contexte que Gilles Ruffieux, CEO de QiBud, m’a posé cette question provocante : « La stratégie en 2025 est-elle toujours pertinente comme discipline et comme pratique en entreprise ? »

Voilà une interrogation quasi existentielle pour un stratège d’entreprise.

J’ai accepté de relever le défi et d’animer, le 25 novembre dernier, une masterclass entièrement consacrée à cette question. Elle s’inscrit dans la série des masterclass que Gilles organise depuis Genève sur les thèmes de l’entrepreneuriat, en lien avec la mission de QiBud : valoriser et outiller l’initiative des acteurs en alignement avec la stratégie de l’entreprise.

Le grand nombre d’inscrits et l’intensité des échanges ont confirmé que cette question touche un point sensible chez les entrepreneurs et dirigeants.

La réponse va vous surprendre (et vous soulager)

Je tiens à rassurer tous les stratèges : oui, j’ai réussi à démontrer que la stratégie reste non seulement pertinente, mais plus indispensable que jamais.

Mais attention : pas la Stratégie avec un grand « S », cette discipline rigide enseignée dans les écoles de commerce des années 80. Celle-là est bel et bien morte.

La Stratégie est morte ! Vive la stratégie !

La discipline stratégique demeure bien vivante, malgré toutes les vagues qui ont tenté de la submerger depuis quarante ans : la finance, le marketing, la data, l’impact, et maintenant l’IA.

Mais à une condition absolue…

Cette survie exige un changement fondamental d’état d’esprit et de pratiques en entreprise. Dans la masterclass, je démontre comment ce changement repose sur quatre piliers essentiels :

  • Un changement visant la contribution, l’initiative et la réactivité de chacun des acteurs
  • La mise en œuvre d’une réelle subsidiarité
  • Une vision clarifiée et une ambition assumée de l’entreprise
  • La régénération continue par la réinvention permanente et organique

Mais comment ces quatre piliers s’articulent-ils concrètement ? Comment les mettre en œuvre dans votre organisation ? C’est précisément ce que je dévoile dans la masterclass.

L’erreur que 90% des entreprises commettent

Beaucoup, face aux déceptions des approches stratégiques antérieures, croient qu’il suffit d’inverser la pyramide traditionnelle et de favoriser la remontée d’information et de décision. C’est une erreur fondamentale.

Le changement requis va bien au-delà d’une simple inversion. Il exige une reconfiguration complète de l’imbrication et de l’ordonnancement des composantes de la démarche stratégique.

Dans la masterclass, je vous montre exactement :

  • Pourquoi l’inversion pyramidale ne fonctionne pas
  • Quelle reconfiguration opérer
  • Comment éviter les pièges classiques de la transformation
  • Les questions à se poser et les étapes concrètes pour réussir cette transition

Ce que vous découvrirez dans le replay

Cette masterclass ne propose pas une énième théorie abstraite. Elle vous donne une grille de lecture opérationnelle pour :

✓ Comprendre pourquoi vos démarches stratégiques actuelles échouent ✓ Identifier les blocages structurels de votre organisation ✓ Découvrir comment naviguer dans l’incertitude avec une stratégie vivante ✓ Mettre en œuvre les mécanismes de subsidiarité réelle ✓ Mobiliser l’intelligence collective sans perdre la cohérence ✓ Transformer votre approche dès demain

Un tel changement ne concerne pas seulement les stratèges, mais l’ensemble de votre organisation, de votre management, de votre fonctionnement quotidien.

Votre entreprise est-elle prête pour son futur voulu ?

Dans un environnement où l’incertitude devient la norme, où les repères traditionnels s’effondrent, la question mérite d’être posée sérieusement.

Les difficultés de l’environnement et du contexte actuels vous confrontent à des choix difficiles. La masterclass vous apporte des réponses concrètes et actionnables.

Nul doute que vous y trouverez des clés pour transformer les défis actuels en opportunités stratégiques.

La stratégie n’est pas morte. Elle attend que vous la réinventiez.

🎯 Accédez maintenant au replay de la masterclass

Ne laissez pas vos concurrents prendre de l’avance sur cette transformation essentielle.

[ACCÉDEZ ICI AU REPLAY DE LA MASTERCLASS]

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Stratégie gagnante : croire en sa propre voix

Et si la clé de la stratégie gagnante résidait dans notre capacité à croire en notre propre pouvoir d’action ?

Merci à Michaël V. Dandrieux qui, dans un de ses posts, insiste dans son post sur la nécessité pour les entreprises de se réinventer en affirmant leur singularité comme l’affirme son titre :

« L’opposé du courage, ce n’est pas la lâcheté, c’est le mimétisme. »

Voilà qui résonne profondément, en moi, avec une notion chère à la psychologie et au management : le locus de contrôle interne.

Croire en son pouvoir d’action

Ce concept, théorisé par Julian Rotter en 1954, distingue ceux qui croient maîtriser leur destin (locus interne) de ceux qui l’attribuent à des forces extérieures (locus externe).

Pour une entreprise, comme pour chacun de ses acteurs, c’est une question de posture stratégique :

  • Une organisation qui cultive son locus interne affirme sa voix, trace sa route et s’impose sur son marché par des choix délibérés, plutôt que de subir les tendances.

  • Des collaborateurs imprégnés de cette même conviction osent innover, prendre des initiatives et s’engager pleinement, car ils se sentent acteurs de leur succès.

Développer le locus interne à tous les niveaux

Un défi autant stratégique que managérial :

  • Choisir le cap de l’entreprise en alignement avec l’étoile de sa vision

  • Donner du sens aux actions individuelles et collectives

  • Déléguer la responsabilité et valoriser l’autonomie

  • Aligner la culture d’entreprise sur une vision claire, où chacun comprend son impact

Du mimétisme au courage

Comme le souligne avec justesse Michaël V. Dandrieux :

« La lâcheté, le chemin de la moindre résistance, c’est le mimétisme. »

À l’opposé, c’est en croyant en notre capacité à influencer le cours des choses – en tant qu’entreprise comme en tant qu’individu – que nous transformons les défis en opportunités.

Alors ayons le courage de notre individualité !

Merci encore à Michaël V. Dandrieux pour ses interpellations inspirantes.

#Leadership #Stratégie #Management #Innovation #LocusDeContrôle

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Quand la fêlure devient force : plaidoyer pour un management de la fragilité

Un praticien au cœur des vulnérabilités organisationnelles

François Chauvin n’est pas un théoricien en chambre. Fort d’une expérience multiforme – responsable RH, chef d’établissement, manager de projets immobiliers, intervenant dans le secteur du handicap – ce formateur et coach a côtoyé la fragilité sous toutes ses formes : dans les usines, sur les chantiers, au sein d’équipes confrontées à des contextes économiques difficiles. Son livre Faire avec la fragilité résulte d’une enquête approfondie menée auprès de 37 témoins : chercheurs, DRH, dirigeants, syndicalistes, artistes, sportifs, et même un moine zen. Cette diversité de regards constitue la richesse d’un ouvrage qui refuse les recettes toutes faites pour privilégier l’expérience incarnée.

Un voyage en fragilité

François Chauvin nous offre avec son livre  « Faire avec la fragilité »  publié aux éditions EMS un voyage en fragilité. Tout au long du chemin, il nous propose de découvrir et de visiter chacune des situations de fragilité d’une organisation, d’une équipe, d’un collaborateur, et des nôtres en réaction à ces fragilités — sans oublier d’explorer nos propres fêlures. Ce voyage nous fait prendre conscience que, pour « allier la robustesse à la performance », il nous faut faire évoluer nos représentations de la fragilité et intégrer cette fragilité non comme un accident, mais comme une donnée du management. Ce qui paraît évident au niveau personnel — bien que souvent nié tant l’image du manager-héros a été entretenue — devient plus déroutant lorsque Chauvin montre avec pertinence que la fragilité doit aussi être prise en compte au niveau stratégique, organisationnel et culturel de l’entreprise.

De la négation à l’intégration

La proposition centrale de François Chauvin bouleverse les fondamentaux du management classique : au lieu de combattre ou de nier la fragilité, il faut apprendre à faire avec. L’auteur distingue la fragilité (constitution interne de faible résistance) de la vulnérabilité (exposition à un danger extérieur) et montre leur interaction permanente. Selon l’étude Malakoff Humanis citée, 44 % des managers estiment qu’au moins une personne dans leur entreprise est en situation de vulnérabilité professionnelle, et près de 7 sur 10 identifient des fragilités personnelles parmi leurs collaborateurs.

Cette fragilité n’est donc pas une faiblesse à éradiquer, mais une donnée à intégrer dans les stratégies et les pratiques managériales. Pour François Chauvin, une entreprise performante n’est durablement robuste que si elle assume ses zones de fragilité.

La métaphore du Kintsugi

À l’image du Kintsugi japonais – cet art de réparer les céramiques brisées avec de la laque saupoudrée d’or – le livre ne fait pas l’éloge d’une posture victimaire mais propose d’assumer nos cicatrices pour en faire une force. En management, reconnaître les fragilités partagées permet de construire des relations authentiques et des collectifs solides. Ainsi et de manière contre intuitive, accueillir nos faiblesses nous renforce.

Les idées-forces d’un management conscient

  1. La fragilité crée des relations authentiques. En acceptant nos limites, nous ouvrons la voie à la confiance et à la coopération véritable.

  2. Le “non-agir” comme compétence managériale. Inspiré du taoïsme, François Chauvin montre que savoir attendre, écouter, et accueillir l’imprévisible peut être plus fécond que l’hyper-contrôle.

  3. L’imperfection comme moteur de développement. Le perfectionnisme fragilise ; le « suffisant collectif » renforce.

  4. La gratitude comme antidote. La joie et la reconnaissance des contributions consolident la résilience collective.

Chaque chapitre est une étape sur ce chemin de découverte. Chacun mêle théorie, témoignages et pratiques, avec des questions pour l’auto-analyse du lecteur.

 L’ouvrage se garde d’un éloge naïf de la fragilité mais ouvre une L’ouvrage se garde d’un éloge naïf de la fragilité mais ouvre un débat essentiel. Le risque d’une psychologisation excessive existe, tout comme celui d’un idéalisme difficile à concrétiser dans certains contextes industriels ou hiérarchiques. Mais le message demeure puissant : la fragilité n’est pas un défaut à corriger, c’est une composante de l’humain et, à ce titre, une ressource de management.

Un appel à la conversion du regard

François Chauvin ne propose ni recette ni modèle. Il invite à un changement de regard : passer de la fragilité-problème à la fragilité-donnée, de la fragilité-faiblesse à la fragilité-ressource. À l’instar du Kintsugi, il nous rappelle que la solidité naît de la reconnaissance des fissures, non de leur déni.

Ce voyage en fragilité, en nous apprenant à « faire avec », nous renforce.

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Manquer de souffle, manquer de sens

Un titre qui interroge et inspire

Un article de Jérôme Lecoq attire mon attention, autant par la richesse de son propos que par son titre : « Quand la pratique manque de souffle ». À sa lecture, et au vu de la situation étudiée dans l’article, je me demande si le titre « Quand la pratique s’essouffle » ne conviendrait pas mieux ici. Car entre « manquer de souffle » et « s’essouffler », il y a une nuance essentielle qui éclaire bien des situations.

Quand la pratique s’essouffle

Il arrive que nous reconnaissions un problème — un essoufflement, une fatigue, une perte de repères. Ce problème, souvent, n’est que le symptôme d’un déséquilibre plus profond. Comme le coureur qui s’arrête au bord de la piste, nous cherchons alors de l’aide : coach, philosophe, psychologue, consultant… Ces arrêts sont salutaires : ils permettent de reprendre souffle.

Quand le souffle manque vraiment

Mais il existe un autre cas, plus inquiétant : celui du manque de souffle, au sens d’absence ou de perte d’âme ou de projet. Ce manque ne fait pas mal tout de suite, il s’installe. Le projet tourne à vide, la répétition remplace la vision, et la personne comme l’organisation s’enlisent dans un décalage croissant avec le réel. Là, le risque n’est plus de s’arrêter, mais bien la « sortie de route ».

Le questionnement lucide, une pratique vitale

Se questionner sur la pertinence de sa perception et de ses décisions est un exercice vital. Inutile de l’habiller de grands mots : philosophie, psychologie, sociologie… Il s’agit simplement d’une vigilance active. Posons nous cette question simple et apportons y une réponse qui nous engage :

« La façon dont je perçois ma situation — et les décisions que j’en déduis — est-elle pertinente pour le futur que je veux construire ? »

Et là se trouve souvent le cœur du sujet : quel est ce futur voulu ? Pas rêvé, pas fantasmé, mais voulu, choisi, assumé.

Humanisme pragmatique : le souffle de l’entrepreneur

Ce questionnement n’est pas une posture intellectuelle, c’est le cœur même de l’acte d’entreprendre. Certains y voient de la philosophie, moi j’y vois un humanisme pragmatique : agir en conscience, dans le réel, pour faire advenir ce que l’on veut vraiment et que l’on fait tout pour y contribuer.

Retrouvons le souffle du sens

Merci à Jérôme Lecoq d’avoir suscité cette réflexion. Et si nous prenions, chacun, quelques instants pour interroger notre propre souffle — celui de nos pratiques, de nos projets, de nos organisations sana attendre qu’ils nous forcent à nous arrêter, faute de souffle ? Le retrouver, c’est déjà reprendre la route avec justesse et intention.

 

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Décisions de carrière : quel savoir face aux situations décisives ?

 


Une démarche innovante et à encourager

Quelle belle idée Guillaume Rosquin que d’afficher ainsi les traces de sa réflexion et de les mettre à la critique et/ou complémentation de quiconque y trouve un écho. C’est une démarche rare, innovante et à encourager.

Voici, alors qu’il se questionne sur les décisions de carrière la mindmap qu’il nous propose et qu’il soumet à notre réflexion :

La place du savoir et de l’ignorance

Concernant les parcours professionnels, une première remarque serait de sortir « l’Ignorance » du pavé « Repoussoir ». Elle mérite un pavé à part entière, car il s’agit d’une ignorance par absence de connaissance, différente d’une ignorance volontaire, qui elle peut rester un repoussoir.

Un pavé central : le savoir

À l’inverse, la composante « Savoir » pourrait être isolée du pavé « Attirance » pour devenir une cause en soi. Un pavé « Savoir », incluant aussi son contraire « Ignorance », permettrait d’intégrer les multiples dimensions : connaissance des carrières possibles, des tendances, des besoins du marché, mais aussi connaissance de soi – besoins, capacités, aspirations, ambitions.

Le rôle des situations décisives

Nos décisions de parcours se prennent souvent dans des moments-clés, lorsque nous rencontrons une situation appelant une décision. Ces « situations décisives » jalonnent nos vies : accepter ou refuser un poste, démissionner, se reconvertir, créer son activité, etc. Et une opportunité ne devient réelle que si nous disposons de la connaissance nécessaire pour la reconnaître comme telle.

Une représentation à trois pavés

Ainsi, selon moi, une représentation simple pourrait articuler trois pavés :

  • Connaissance

  • Situations décisives

  • Décisions de carrière

De leur interaction naissent nos trajectoires professionnelles, construites pas à pas.

Une invitation à l’action

Réfléchir à son parcours professionnel, c’est prendre conscience du rôle fondamental du savoir et des situations décisives. Plus nous nourrissons notre connaissance (du marché et de nous-mêmes), mieux nous saisissons les opportunités.

Et vous, quels savoirs ou quelles situations décisives ont marqué vos choix de carrière ? Partageons nos expériences pour enrichir cette réflexion collective.

 


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Vers une économie de l’alliance. Philippe Lukacs.

Quelle belle initiative d’avoir invité Philippe Lukacs en première partie de l’Assemblée Générale des Dirigeants Responsables Océan La Vendée, dans les magnifiques locaux de l’École du Design Nantes Atlantique.

Une invitation parfaitement alignée avec cet engagement de responsabilité, qui fait directement écho aux propos de Philippe Lukacs : « Il est de notre responsabilité individuelle et collective de travailler à l’enrichissement de chacune de nos relations… En la prenant nous ne changerons pas, seuls, le monde. Mais nous aurons, à notre mesure, contribué à avancer vers un futur souhaitable et, de toute façon, nous aurons donné plus de sens et de poids d’humanité à notre vie. »

De l’échange à l’alliance : un pragmatisme inspirant

Cette phrase illustre parfaitement le pragmatisme de sa démarche et son appel à passer de l’échange à l’alliance.

Nul besoin d’un grand soir révolutionnaire. Philippe Lukacs nous invite simplement à faire de chaque échange l’occasion d’apporter un plus à la relation et de contribuer ainsi à l’émergence d’une nouvelle « Oikonomia » au-delà de la simple dimension économique pilotant notre civilisation.

Trois piliers pour transformer nos relations

Son approche repose sur trois fondements :

1.      Reconnaître l’équivalence de valeur entre soi et l’autre.

2.      Maintenir et valoriser les différences comme sources d’innovation et d’humanisation.

3.      Et, finalement, chercher à créer ensemble un « commun » partagé, qui dépasse la simple réciprocité de l’échange.

Échapper à la « civilisation du cimetière »

Cette démarche nous offre une voie pour échapper à cette « civilisation du cimetière » évoquée par l’ethnologue Robert Jaulin. Les deals Trumpiens sont la pointe extrême de la logique transactionnelle qui domine actuellement. Le chaos civilisationnel que celui-ci provoque déjà, le désastre annoncé, est la démonstration, si nécessaire, de l’urgence, pour chacun de nous, d’agir avec encore plus de clairvoyance et d’énergie pour, a contrario, favoriser cette logique d’alliance.

Un appel à la responsabilité

Grand merci à David le Glanaër pour cette initiative et pour avoir, par son interview, permis à Philippe Lukacs de nous inviter ainsi à « être, plus pleinement et de façon aussi pertinente que possible, responsable ».

Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la découverte de ce chemin vers plus d’Alliance, je recommande vivement la lecture du livre de Philippe Lukacs  » Vers une économie de l’Alliance. Pour déjouer les dérèglements du monde « . Mon compte-rendu détaillé est disponible [ici]. Il devrait vous donner l’envie de courir chez votre libraire ! 😉

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Stop Be Selfish !!!

J’emprunte ce titre ainsi que la formulation que les illustration de cet article à Alex M.H. Smith. Et ce d’autant plus que cet article a vocation à promouvoir une de ces vidéo dédié aux 3 stades de développement que connait peu ou  prou tout entrepreneur.

J’ai, en effet, grand plaisir à partager par cet quelques lignes, l’intérêt que j’ai à entendre ces propos de Alex M H Smith dans cette courte vidéo : Stop Be Selfish ».

Il nous invite à visiter les trois étapes par lesquelles, peu ou prou, tout entrepreneur passe à un moment de son développement. Il nous invite ainsi à envisager l’étape 3 qui ouvre la voie à une véritable création porteuse d’innovation et de développement comme il le décrit par ces extraits de son intervention que je reproduis ici :

« Stage 3 :
There is another higher stage of founder consciousness still yet to explore. One that few ever think about, let alone. Serving the industry.
Here your focus is not on serving the customer. That is serving jthe wider industry that you were part of. And growing the pie, not stealing from your competitors.
You are looking to survey the entire industry terrain. focused on innovating in your industry. And you ask what appears out there ? What are the dynamics ? What are the flaws in this industry ? Where are the gaps ? How you can innovate on what is already there by changing the standard model, viewing the terrain from an helicopter view. »

Et pour finir ce salutaire rappel que je partage totalement :

« Every decision you make is silently driven by your underlying assumptions, your underlying view of the world, If you want to have better decisions, you need to update these assumptions. You need to update that software you have in your head. »

Un grand merci Alex M H Smith

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De la quête de sens à la géolocalisation de l’existence et au téléguidage de nos envies

 

Guillaume Rosquin dans son article « Vivons nous dans un sociomythe ? » nous retrace le cheminement de ce sens qui en chemin s’est perdu.

Une courte synthèse …

Au XVIIᵉ siècle, l’Europe vivait sous le signe de la téléologie : chaque vie était un récit tendu vers un destin, une finalité supérieure. Puis vint le XIXᵉ siècle, avec son cortège d’usines et de sociologues, qui réduisit l’individu à un rouage dans une machine sociale. Le XXᵉ siècle acheva de dissoudre le mythe du libre arbitre : l’identité ne se définissait plus par ce que l’on poursuivait, mais par où l’on se trouvait et la fonction occupée« ici j’habite, là je travaille ».

Aujourd’hui, le XXIᵉ siècle radicalise cette logique. Les technologies de surveillance et les algorithmes ont transformé nos vies en données cartographiables, nos désirs en pulsions marchandes. Nous oscillons entre deux rôles : producteur le jour, consommateur le soir. Même l’artiste, dernier symbole de liberté, doit plier son génie aux lois du marché. L’homme libre est devenu un homme rentable.

Et si cette analyse nous révélait une vérité dérangeante ? Nous croyions vivre dans des sociétés rationnelles, mais ne sommes-nous pas prisonniers d’un sociomythe – une fiction collective où la liberté n’est qu’une illusion bien huilée ?

 … qui nous invite à un double mouvement dans une double interrogation :

–          Dénaturaliser l’évidence : Pourquoi acceptons-nous que notre valeur se mesure en likes, en productivité, en données ?

–          Réinventer des marges : Si le marché a colonisé jusqu’à nos désirs, où trouver des espaces de résistance ?

L’incongruité d’un tel texte sur Linkedin ?

Ce texte a trouvé sa place, notamment, sur LinkedIn et l’on pourrait s’en étonner ou s’en réjouir. Linkedin est souvent le temple de l’optimisation professionnelle, où l’on célèbre la performance, la visibilité, la « marque personnelle ». Publier une telle réflexion ici, c’est :

  • Briser le consensus : Rappeler que derrière les KPI et les algorithmes, il y a des questions existentielles – et que le travail n’est pas une fin en soi.

  • Provoquer un débat nécessaire : Dans un réseau où chacun se vend comme une « success story », interroger la marchandisation de l’humain (y compris des artistes) est un acte de salut public.

  • Montrer que la pensée critique a sa place : LinkedIn n’est pas qu’un CV géant. C’est aussi un lieu pour repenser le monde du travail, ses dérives, et ses alternatives.

Le partage de ce texte pour un débat salutaire

Un immense merci à Guillaume Rosquin pour cette analyse lucide et courageuse, qui ose lier philosophie, histoire et critique sociale avec une belle élégance. Un merci aussi à Olivier Frérot, qui donne une tribune à des textes exigeants, loin des pensums médiatiques.

Ce genre de réflexion est précieux. En partageant ce texte, vous offrez à votre réseau une pause réflexive – un moment pour se demander :

« Et si la vraie réussite n’était pas d’être visible, mais d’échapper à l’invisibilité des systèmes ? »

#Téléologie #FuturDuTravail #QuêteDeSens #Résistance #Sociomythe

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