Addicts – ou addictés ?

Sommes-nous addicts, ou vivons-nous dans une société addictive ?

La question n’est pas rhétorique. Elle détermine qui porte la responsabilité — et donc qui doit changer.

Lors d’une récente conférence sur l’impact des réseaux sociaux chez les jeunes, un schéma a été projeté pour illustrer les mécanismes de l’addiction. Il en identifiait cinq marqueurs, les « 5 C » : Consommation, Compulsive et Continue, malgré des Conséquences néfastes et un Contrôle perdu.

 Les 5 C : les principales manifestations de l’addiction
(Addictions, dites-leur adieu ! – Laurent Karila)

En observant ce schéma, une évidence me frappe : il ne décrit pas seulement le comportement de l’addict. Il décrit, trait pour trait, la stratégie de la plateforme qui l’a rendu tel.

Ce glissement mérite qu’on s’y arrête. En français, on dit « addict » — jamais « addicté ». Ce n’est pas un détail : l’absence du second mot concentre l’essence du problème sur la personne, et exonère le système qui l’a fabriquée. Nommer les choses, c’est déjà choisir un camp.

En 2018, lors des auditions historiques devant le Sénat américain, les dirigeants des grandes plateformes numériques — Facebook, Google, Twitter, entre autres — ont dû répondre de leurs pratiques face à des sénateurs en colère, aux côtés de parents brisés. Mark Zuckerberg a présenté des excuses. Mais il aurait pu, légitimement, retourner la question : « Pourquoi me jugez-vous pour avoir appliqué avec talent les règles du système que vous défendez ? »

Car les 5 C ne sont pas une invention des Big Tech. Ils sont l’ADN de notre modèle économique tout entier.

  • La Consommation est le moteur de notre croissance.
  • Elle doit être Continue — ralentir, c’est régresser.
  • Elle est entretenue de façon Compulsive par la publicité, les modes, l’obsolescence programmée.
  • Elle génère des Conséquences néfastes — climatiques, sociales, politiques — que nous observons, impuissants, de crise en crise.
  • Et nous assistons, collectivement, à une perte de Contrôle : sur nos ressources, sur nos démocraties, sur notre propre attention.

Les plateformes numériques n’ont rien inventé. Elles ont simplement poussé la logique à son point de perfection — et leur valorisation boursière en témoigne.

Dès lors, accompagner les jeunes « addicts » vers un usage plus sain des écrans est nécessaire. Mais insuffisant, si l’on ne pose pas simultanément la question du sol sur lequel ces écrans ont poussé. Soigner l’addict sans interroger ce qui l’a rendu addicté, c’est traiter la fièvre en ignorant l’infection.

La vraie question n’est pas : comment protéger nos enfants des réseaux sociaux ?

Elle est : dans quelle société avons-nous décidé de les élever ?

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Podcast : Les dirigeants peuvent être les artisans de leur propre chute.

Votre plus grand atout – vos succès passés et votre longue expérience – peut devenir en réalité le piège stratégique qui mène votre organisation à l’aveuglement.

dans cet épisode 247 du Podcast de Intelliaconsulting , interviewé par Eric Lheureux je décortique  les 7 angles morts du dirigeant.

J’y révèle pourquoi l’obstacle à la transformation réside, bien souvent,  dans la posture du leader.

Dans cet échange, vous apprendrez :

• Comment la répétition des succès fabrique de la confiance excessive et de l’arrogance, à l’image des échecs retentissants comme celui de Jean-Marie Messier.

• Que le facteur commun à tous les angles morts est la fermeture à l’altérité et l’absence de contradiction.

• L’outil le plus puissant pour la lucidité : identifier son propre angle mort en se posant l’unique question cruciale.

Écoutez l’épisode complet « Les 7 angles morts du dirigeant » du podcast Innovation, Agilité et Excellence :

 

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Et si le problème n’était pas le problème… mais la question que vous ne vous posez pas ?!

 

Cette série  » Et si vous étiez votre propre angle mort?  » explore sept manières très différentes pour chacun de nous de se retrouver bloqué face à une situation problématique.

Sept postures. Sept logiques internes. Sept façons parfaitement rationnelles… de devenir son propre angle mort.

Aucun de ces acteurs n’est incompétent. Aucun ne manque d’intelligence, d’engagement ou d’expérience.

Et pourtant, tous se heurtent à un même mur.

Pourquoi ?

Parce qu’à chaque fois, une question essentielle reste absente.

Non pas une question technique. Ni une question de moyens. Mais une question intérieure, souvent invisible à celui qui agit :

Quelle est la question que je ne suis pas en train de me poser face à ce problème ?

Au fil des verbatims, des dialogues et des situations rencontrées, une évidence est apparue :

👉 Ce ne sont pas les problèmes qui enferment.

👉 Ce sont les angles morts avec lesquels nous les regardons (pas!).

Selon les moments, selon la pression, selon l’enjeu, chacun de nous peut reconnaître en lui l’un de ces sept profils.

Il ne s’agit donc pas de s’identifier à un type. Encore moins de se juger.

Mais de comprendre comment notre manière de penser la situation détermine déjà nos marges d’action.

Alors existe-t-il l’un d’entre nous qui ne serait jamais son propre angle mort ?

Sans doute pas.

Mais il existe une posture particulière : celle qui consiste à interroger sa manière de voir avant de chercher à agir davantage.

Car la lucidité n’est pas un trait de personnalité. C’est une pratique.

Une discipline que l’on exerce précisément lorsque la situation devient complexe.

C’est dans cet esprit que cette série se conclut par un outil diagnostic conçu pour prolonger la réflexion et permettre à chacun de nous :

        1. d’identifier sa posture dominante face à un problème,

        2. de mieux comprendre celle de ses partenaires, collaborateurs ou interlocuteurs

        3. et surtout d’ouvrir et d’emprunter ses propres pistes d’évolution concrètes.

Parce que sa véritable maîtrise de décision et d’action ne consiste pas à ne jamais avoir d’angle mort. Mais à apprendre à les reconnaître avant qu’ils ne décident à notre place.

Solutions
Le plus grand obstacle n’est souvent pas le problème. C’est la question absente.  Parce qu’un problème mal regardé ne se résout jamais vraiment.
Quand la bonne question ouvre enfin la voie de l’action.

👉 Retrouvez l’intégralité de la série :
Et si vous étiez votre propre angle mort ?

Découvrez votre propre profil, ses angles morts et vos pistes d’évolution

 

 

 

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L’autonomie en entreprise : un mot qui se trompe de sens

Dans son post « On m’a reproché d’être la pire manager de la boîte. Mon crime ? Avoir rendu mon équipe si autonome qu’elle n’avait plus besoin de moi » , Dr. Vanessa Marcié pose une question essentielle : 👉 quelle est, au fond, la mission d’un manager ?

Merci à elle pour cette question. Elle est juste. Mais la réponse mérite, selon moi, d’être sérieusement nuancée.

Car cette interrogation touche au cœur même de ce qu’est — et de ce que n’est pas — une entreprise.

L’entreprise n’est pas une communauté d’individus autonomes

Une entreprise ne se constitue pas comme une addition d’autonomies individuelles. Elle naît précisément du constat inverse : aucun individu ne peut, seul, atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.

Parler d’« une communauté d’autonomes » relève d’ailleurs de l’oxymore.

L’entreprise est un système organisé en vue de produire ce que sa raison d’être promet. Et dans un système, nul n’est autonome — ni les personnes, ni les fonctions, ni les décisions.

Le mot “autonomie” brouille la pensée

Les mots importent. Ils orientent les raisonnements autant qu’ils les éclairent.

Dans son sens propre — autos-nomos : se donner sa propre loi — l’autonomie est l’antithèse même de ce que nécessite l’entreprise.

Aucune organisation collective ne peut fonctionner sur la base de lois individuelles auto-définies.

Lorsque l’on parle d’« autonomie » en entreprise, on désigne en réalité autre chose.

Ce que l’on vise réellement et avec raison

Ce que l’on cherche, le plus souvent, c’est pour chacun des acteurs : la capacité de choisir ses méthodes pour atteindre un objectif fixé, dans un cadre de contraintes.

C’est louable. C’est efficace. Mais ce n’est pas de l’autonomie.

À la rigueur, il faudrait parler d’autonomie opérationnelle — terme rarement employé, mais conceptuellement juste.

L’interdépendance comme réalité fondamentale

Dans une entreprise, chaque acteur dépend des autres par les relations qu’il entretient avec eux.

L’autonomie suggère une indépendance impossible. La subsidiarité, elle, assume pleinement l’interdépendance.

Son principe est clair : le niveau supérieur n’intervient que si nécessaire.

Mais cette règle ouvre une question encore plus décisive : Où doit se situer le pouvoir d’agir ?

Indépendamment des niveaux hiérarchiques, il devient essentiel de se demander :

👉 où se trouve le “bon lieu” du pouvoir d’agir de chacun des acteurs pour qu’il contribue au mieux à la raison d’être de l’entreprise ?

C’est cette question — bien plus que celle de l’autonomie — qui devrait fonder toute réflexion sur l’organisation et le fonctionnement des entreprises.

Une réflexion collective à venir

Avec Thibaud Brière, nous préparons actuellement un colloque dédié à la subsidiarité.

Un colloque résolument orienté vers la mise en œuvre concrète de cette question:

En quoi suis-je légitime à revendiquer tel pouvoir d’agir ? Et quelle organisation me permet réellement de l’exercer ?

La richesse des dimensions ouvertes par cette interrogation promet des débats exigeants, où chaque mot sera convoqué … en son sens propre — sans raccourcis, ni slogans mais très concrètement avec la seule volonté de voir cette notion adoptée le plus largement possible.

Vos avis, perspectives et contributions de toutes sortes dans le cadre de cette préparation sont les bienvenues.

Au plaisir d’échanger en toute subsidiarité ;-))


#PouvoirDAgir #Responsabilité #SensDuTravail #Autorité #Décision #Subsidiarité

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L’esprit du Design face à l’IA : une crise d’identité salutaire ?

 

l’IA ne menace pas le design, elle révèle l’absence de consensus sur ce qu’il est vraiment.

Le paradoxe de la définition

David Carvalho dans ce post énonce « comprendre, ressentir, décider » comme mission du design. C’est une vision… mais pas la vision. Et c’est précisément là que réside le problème. Le design souffre d’une polysémie stratégique : chacun y projette sa propre définition selon son contexte (graphique, produit, service, stratégique, UX, systémique…).

Cette plasticité était une force tant que le design gardait le monopole de certaines compétences opérationnelles. L’IA vient détruire ce monopole sur :

  • La production visuelle

  • L’idéation rapide

  • La synthèse d’informations

  • Même une certaine forme d’empathie simulée

La question de l’étudiant est cruciale

Imaginez effectivement cet étudiant face à Parcoursup. Que lui promet-on ?

  • Devenir « facilitateur de décision » ? Un consultant le fait aussi

  • Maîtriser des outils ? L’IA les rend accessibles à tous

  • Développer sa créativité ? Notion romantique et floue

  • Comprendre l’humain ? Les sciences cognitives existent déjà

Sans ancrage distinctif clair, la promesse devient vaporeuse.

Le risque de désagrégation

Sans consensus sur le point de départ, toute tentative de réinvention aboutira à une cacophonie. Chaque école, chaque praticien ajustera sa définition du « design augmenté par l’IA » selon sa propre interprétation initiale du design.

Résultat : on aura non pas une discipline renforcée, mais des fragments incompatibles qui affaibliront la légitimité collective.

Alors, quelle base commune ?

Pour éviter la désagrégation, il faudrait peut-être converger sur ce que le design fait que ni l’IA ni d’autres disciplines ne font :

L’incarnation matérielle d’intentions dans des contraintes réelles.

Pas la stratégie (le « quoi »), pas l’ingénierie (le « comment technique »), mais le « comment sensible » : donner forme à quelque chose qui fonctionne ET qui signifie, dans un contexte donné, pour des humains spécifiques.

L’IA peut générer 1000 variations. Le designer choisit LA forme qui porte le sens juste, au bon moment, pour les bonnes raisons. C’est un acte de jugement situé, pas d’optimisation algorithmique.

La promesse réorientée

Les écoles de design pourraient alors promettre : « Nous formons des professionnels capables de discernement dans la matérialisation d’intentions, maîtrisant l’IA comme outil mais gardant la responsabilité du jugement final dans des contextes complexes et ambigus. »

Moins sexy ? Peut-être. Mais au moins défendable face à l’IA.

 La fusée « Design.IA » ne décollera que si on s’accorde d’abord sur ce qu’on met dans le réservoir. Et aujourd’hui, chacun y verse un carburant différent.

 

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Et si le problème n’était pas le problème… mais la question que vous ne vous posez pas ?

Nous avons exploré tout au long de cette série  » Et si vous étiez votre propre angle mort?  » sept manières très différentes pour un entrepreneur de se retrouver bloqué face à une situation problématique.

Sept postures. Sept logiques internes. Sept façons parfaitement rationnelles… de devenir son propre angle mort.

Aucun de ces entrepreneurs n’est incompétent. Aucun ne manque d’intelligence, d’engagement ou d’expérience.

Et pourtant, tous se heurtent à un même mur.

Pourquoi ?

Parce qu’à chaque fois, une question essentielle reste absente.

Non pas une question technique. Ni une question de moyens. Mais une question intérieure, souvent invisible à celui qui agit :

Quelle est la question que je ne suis pas en train de me poser face à ce problème ?

Au fil des verbatims, des dialogues et des situations rencontrées, une évidence est apparue :

👉 Ce ne sont pas les problèmes qui enferment.

👉 Ce sont les angles morts avec lesquels nous les regardons.

Selon les moments, selon la pression, selon l’enjeu, chacun de nous peut reconnaître en lui l’un de ces sept profils.

Il ne s’agit donc pas de s’identifier à un type. Encore moins de se juger.

Mais de comprendre comment notre manière de penser la situation détermine déjà nos marges d’action.

Alors existe-t-il un entrepreneur qui ne serait jamais son propre angle mort ?

Sans doute pas.

Mais il existe une posture particulière : celle qui consiste à interroger sa manière de voir avant de chercher à agir davantage.

Car la lucidité n’est pas un trait de personnalité. C’est une pratique.

Une discipline que l’on exerce précisément lorsque la situation devient complexe.

C’est dans cet esprit que cette série se conclut aujourd’hui — et qu’un outil diagnostic a été conçu pour prolonger la réflexion :

  • identifier sa posture dominante face à un problème,

  • mieux comprendre celle de ses partenaires ou collaborateurs,

  • et surtout ouvrir des pistes d’évolution concrètes.

Parce que le véritable leadership ne consiste pas à ne jamais avoir d’angle mort.

Mais à apprendre à les reconnaître avant qu’ils ne décident à notre place.

Le plus grand obstacle n’est souvent pas le problème. C’est la question absente.  Parce qu’un problème mal regardé ne se résout jamais vraiment.

Solutions — Quand la bonne question ouvre enfin la voie de l’action.

Découvrez dans le prochain article votre type, vos angles morts et vos pistes d’évolution

👉 Retrouvez l’intégralité de la série :
 » Et si vous étiez votre propre angle mort ? « 

#Leadership #Responsabilité #Stratégie #Entrepreneuriat #Management #Angle mort

 

 

 

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Le profil de Type 6 :  » J’ai tout essayé »

Le profil de Type 6 : Quand la résignation masque un angle mort plus subtil : la manière de s’y prendre.

Chez le Type 6 : « Le Persévérant à bout » –  » J’ai tout essayé ..! » ( Dominance : la vaine persévérance), la fatigue n’est pas seulement physique.
C’est une lassitude stratégique, née d’années de combats répétés, de décisions prises dans l’urgence, de solutions tentées sans effet durable.

Son refrain est connu :
« J’ai tout essayé. »

Mais derrière cette phrase apparemment lucide se cache souvent une autre question, rarement formulée :

« Ai-je vraiment tout essayé… ou ai-je surtout répété la même façon de m’y prendre ?»

Car le problème n’est plus seulement ce qui doit être résolu.
Il devient la manière dont on tente de le résoudre, encore et encore, jusqu’à l’épuisement.

Mais que se passe-t-il lorsque cette résignation, cette conviction que rien n’est possible, commence à contaminer toute l’organisation ?

Des verbatim qui interpellent (ou comment la répétition remplace parfois la remise en question)

Vous reconnaissez peut-être des collaborateurs et des interlocuteurs. Ou même : vous vous reconnaissez vous-même dans ces phrases.

Alors il est possible — en tout ou en partie — que vous soyez un profil de Type 6.  Car personne n’échappe durablement à ces moments-là.

Ceux où la pression monte, où l’incertitude s’installe, où la responsabilité pèse plus lourd que d’habitude.

Cet article, comme les six autres de cette série, ne parle pas d’un profil à distance.
Il parle de nous. De ce que nous devenons quand le réel se durcit.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire car basé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

À travers ce dialogue, découvrez comment la résignation peut être le dernier refuge avant la renaissance ou le précipice final.

Le Type 6 : « Franchement, je ne vois plus quoi faire. Le problème est identifié depuis longtemps. J’ai essayé plusieurs choses. En fait, j’ai tout essayé. »

Solutions : « Quand vous dites tout essayé, pouvez-vous me dire comment vous vous y êtes pris ? »

Le type 6 : « J’ai réorganisé, réduit les coûts, changé deux fois de priorités, demandé plus d’efforts à l’équipe… »

Solutions : « Avez-vous changé de solution… ou répété la même logique sous des formes différentes ? »

(Silence)

Le Type 6 : « J’ai surtout essayé de tenir. De faire avec moins. D’éviter que ça s’effondre.»

Solutions : « Donc vous avez beaucoup agi pour contenir, peu pour questionner la façon d’agir.
Vous avez combattu le problème… sans revisiter votre manière de le traiter. »

Le type 6 : « Peut-être. Mais sans moyens, on ne peut rien faire de sérieux. »

Solutions : « Est-ce un manque de moyens… ou un manque d’espace pour penser autrement ?
Qui avez-vous associé à la réflexion ? »

Le Type 6 : « Personne, vraiment. Je ne voulais pas inquiéter. Et puis… je n’y croyais plus trop. »

Solutions : « Pensez-vous qu’une équipe puisse inventer des solutions nouvelles si son dirigeant n’interroge plus sa propre manière de faire ? »

Le Type 6 : « Vous êtes en train de me dire que j’ai confondu épuisement et impossibilité… »

Solutions : « Oui. Et que le vrai tournant commence souvent quand un dirigeant cesse de dire
“j’ai tout essayé” et commence à se demander “comment est-ce que je m’y prends, et qu’est-ce que je n’ai jamais remis en question ?” »

(Silence long)

Le Type 6 : « Alors peut-être que je n’ai pas besoin de plus de moyens…
mais d’une autre façon de m’y prendre. »

Ce que révèle ce profil du Type 6

Ce Type 8 possède une lucidité douloureuse : il voit les problèmes, comprend leur gravité, mais cette clairvoyance s’est transformée en fatalisme. Ce qui était autrefois du courage est devenu de l’épuisement à force de répéter, encore et encore, les mêmes approches qui aujourd’hui se révèlent vaines.

L’Angle Mort du Type 6 

Le Type 6 confond l’épuisement légitime avec l’impossibilité absolue.

Le Type 6 n’est pas dans l’inaction. Il est dans une action répétitive non interrogée. L’épuisement n’est pas la cause première. Il est la conséquence directe de l’absence de remise en question de la manière de s’y prendre.

Le Type 6 ne renonce pas parce qu’il est faible. Il renonce parce qu’il agit trop longtemps sans changer de cadre.

Il transforme l’échec répété d’une même approche en preuve que toute action est vaine.

Ce n’est pas le problème qui est insoluble. C’est la manière de s’y prendre qui n’est plus interrogée.

Les 5 enseignements clés

      1. Ce n’est pas l’absence de solutions, mais l’absence de remise en question de la méthode

      2. La répétition d’une approche inefficace épuise plus que le problème lui-même

      3. Les moyens suivent souvent un changement de posture, pas l’inverse

      4. L’inaction commence quand on cesse de questionner sa façon d’agir

      5. Changer la manière de s’y prendre redonne de l’énergie avant même de résoudre le problème

Des pistes d’évolution

Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

👉 Retrouvez l’intégralité de la série :
Et si vous étiez votre propre angle mort ?

#Leadership #Responsabilité #Stratégie #Entrepreneuriat #Management #Angle mort

 

 

 

 

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Le profil de Type 4 : « Là, je fonce dans le mur…! « 

Quand reconnaître le problème ne suffit plus… et que la lucidité devient paralysante.

Chez le Type 4 : L’Analyste au Point Mort  » –  » Là je vais dans le mur … ! » (Dominance : Peur de l’erreur), le problème n’est ni nié ni minimisé. Il est vu. Ressenti. Pressenti.

Quelque chose ne va pas — et il le sait.

Il perçoit les signaux faibles : une fatigue diffuse dans les équipes, des résultats qui plafonnent, une tension sourde, une impression persistante de tourner en rond et de ne plus y arriver. Il n’est pas aveugle. Il est lucide.
Mais cette lucidité ne débouche pas sur l’action.

Car une question le hante :
« Tant que je ne comprends pas exactement ce qui ne va pas, comment agir sans faire pire ? »

Et c’est là que commence la paralysie.

Des verbatim qui interpellent

Ou en synthèse :

      • Voir sans pouvoir nommer :« Je vois le problème, mais il m’échappe. »

      • Comprendre trop pour agir : « Tant que je ne comprends pas, je n’agis pas. »

      • Porter seul ce qui pourrait être partagé : « C’est à moi de porter l’incertitude. »

Si ces phrases vous parlent, vous êtes peut-être — en tout ou en partie — un entrepreneur de Type 4.

Et comme pour les autres types, il serait étonnant qu’à aucun moment, dans aucune situation, vous ne vous soyez reconnu dans ces mots.
Cet article, comme les six autres de la série « Et si vous étiez votre propre angle mort ? », nous concerne tous.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire, fondé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

Le Type 4  : « Je sais qu’il y a un problème. Je le sens. Mais je ne sais pas encore lequel exactement et je me sens bien impuissant à le traiter. Et tant que je n’ai pas compris, tant que je n’ai pas un début de solution, je ne peux pas m’en ouvrir à quiconque et j’embarque toute mes équipes là-dedans. »

Solutions : « Qu’est-ce qui vous fait penser que vos équipes ne perçoivent rien ? »

Le Type 4 : « Elles sentent sûrement qu’il se passe quelque chose… Mais si je leur dis que je ne sais pas, je vais les inquiéter. Elles attendent de moi des réponses, pas des questions. »

Solutions : « Êtes-vous certain que le silence rassure davantage que l’incertitude partagée ? »

Le Type 4 : « Je préfère porter ça seul plutôt que de créer de l’angoisse collective. Dans ce genre de situation, tout le monde va y aller de ses conseils, alors que je sais qu’il n’y a pas de solution »

Solutions : « Lorsque vous portez cela seul… que se passe-t-il pour votre capacité à agir ? »

Le Type 4 : « Je réfléchis. Beaucoup. J’analyse. Mais plus j’analyse, plus le problème me semble complexe et plus le mur grandit et se rapproche. »

Solutions : « Et pendant que vous cherchez à comprendre parfaitement… que fait l’organisation ? »

(Silence)

Le Type 4 : « Elle attend. Et moi aussi, je crois. Ca me tétanise. »

Solutions : « Et si votre rôle n’était pas d’avoir la réponse… mais de poser la question avec eux ? »

Le Type 4 : « Vous voulez dire que je pourrais dire : “Je vois un problème, je ne le comprends pas encore et ne sais comment l’éviter, mais j’ai besoin de vous” ? »

Solutions : « Et si c’était précisément ce qui débloquait la situation ? »

Un long silence.

Le Type 4 : « Peut-être que je confonds leadership et infaillibilité. »

Ce que révèle ce profil de Type 4

Le Type 4 possède de grandes qualités :
Sens de la responsabilité, souhait de préserver ses équipes, lucidité, sensibilité  aux signaux faibles, prise en compte de la complexité, expérience.

Il refuse les solutions simplistes, les réponses toutes faites, les recettes miracles.
Il sait que les problèmes récurrents ne se règlent pas par un simple coup de barre.

Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

L’angle mort du Type 4

Le Type 4 croit qu’il doit comprendre avant de partager et d’agir.
Résultat : il partage et agit trop tard… ou pas du tout.

En voulant protéger ses équipes de son incertitude, il les prive de leur capacité à l’aider.
En cherchant la bonne réponse, il bloque la dynamique collective.
En attendant la clarté parfaite, il fige l’action.

Le mur n’est pas le problème.
Le problème, c’est d’y foncer seul sans agir au plus tôt, avec les équipes et partenaires, pour l’éviter.

Les 5 enseignements clés

1. Voir le problème ne suffit pas à le résoudre

La lucidité sans action partagée mène à l’isolement, pas à la transformation.

2. L’isolement du dirigeant est un mythe dangereux

Aucun leader ne résout seul des problèmes complexes et systémiques.

3. La vulnérabilité n’affaiblit pas l’autorité

Elle crée les conditions de la confiance, de l’engagement et de l’intelligence collective.

4. Les problèmes récurrents signalent une posture à transformer

Quand les solutions échouent, ce n’est pas toujours le problème qu’il faut changer… mais la manière de le traiter.

5. Nommer ensemble vaut mieux que comprendre seul

La clarté émerge du dialogue, pas de l’introspection solitaire.

Des pistes d’évolution

Partager le problème avant la solution
Dire : « Voilà ce que je vois. Voilà ce que je ne comprends pas encore. »

Créer des espaces de diagnostic collectif
Explorer le problème sans chercher immédiatement à le résoudre.

Passer de la perfection à l’itération
Tester, ajuster, apprendre — plutôt qu’attendre la réponse idéale.

Redéfinir le rôle du leader
Passer de celui qui sait à celui qui fait émerger.

Ce que nous enseigne la recherche et l’expérience

Les sources

Retrouvez l’intégralité de la série :
Et si vous étiez votre propre angle mort ?

  • #Leadership #Vulnérabilité #IntelligenceCollective #Entrepreneuriat #Angle mort
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Le profil de Type 3 : « C’est la faute à … ! »

Chaque difficulté a un coupable tout trouvé ou Quand la responsabilité s’échappe par réflexe.

Chez le Type 3 « C’est la faute à…! », l’analyse des responsabilités est un réflexe immédiat. C’est une force, parfois même une justesse redoutable : il voit ce qui dysfonctionne, identifie les failles, pointe les incohérences. Pour lui, un problème n’est jamais un mystère : il est la conséquence logique de causes bien réelles — souvent externes, parfois structurelles.

Mais que se passe-t-il lorsque cette habitude d’attribuer la responsabilité ailleurs… finit par priver l’entrepreneur d’une lucide interrogation sur son propre pouvoir d’action ?

Des verbatim qui interpellent

Ou en synthèse :

« Le marché est complètement imprévisible, voilà le problème. »
« Avec des équipes plus engagées, on n’en serait pas là. »
« Mes fournisseurs ne suivent pas, comment voulez-vous avancer ? »
« C’est l’État / les règles / les autres qui compliquent tout. »
« Je fais ce que je peux, mais je ne peux pas tout porter seul. »

Si ces phrases vous parlent, vous êtes peut-être un profil de Type 3 : celui qui voit les responsabilités… partout, sauf dans ce qu’il peut vraiment changer.

Vous avez déjà prononcé ces phrases. Si ce n’est pas le cas, vous les avez pensées.

Elles ne disent pas un trait de caractère. Elles révèlent un moment : celui où l’entrepreneur doute, se crispe, cherche à reprendre le contrôle.

Dans ces moments-là, vous êtes — au moins en partie — un profil de Type 3.

Personne n’y échappe. Ni l’expérience. Ni l’intelligence. Ni la bonne volonté.

Cet article comme les 6 autres articles de la Série « Et si vous étiez votre propre angle mort ?«  nous concernent tous de près ou de loin.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire car basé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

À travers ce dialogue, découvrez comment l’habitude d’externaliser la responsabilité peut devenir un frein à la lucidité stratégique et à la transformation.

Le Type 3 : « Honnêtement, ce qui nous bloque, ce n’est pas nous. C’est le contexte. Les règles changent, les équipes ne suivent pas, les partenaires déçoivent. Avec un environnement plus fiable, on serait bien plus loin. »

Solutions : « Vous décrivez des réalités indéniables. Mais lorsque vous dites que le problème vient de l’extérieur, est-ce une observation… ou une manière d’éloigner ce qui pourrait être inconfortable à regarder ? »

Le Type 3 : « Non, c’est factuel. Quand les autres ne font pas leur part, on ne peut pas avancer. C’est mécanique. »

Solutions : « Et lorsque tout dépend des autres… que devient votre marge d’action ? Que peut faire votre équipe lorsqu’elle vous entend dire ou que vous l’entendez dire que les causes sont hors de portée ? »

Le Type 3 : « Elle comprend que tout n’est pas de notre faute. Beaucoup de dirigeants pensent résoudre des problèmes qui ne viennent même pas d’eux. Moi, je remets les choses à leur place. »

Solutions : « Cette lucidité est utile. Mais n’y a-t-il pas un risque que votre équipe se dise : “Puisque tout dépend des autres… autant attendre” ? Une responsabilité externalisée peut-elle créer une forme de résignation interne ? »

Le Type 3 : « Vous pensez que je transmets de l’impuissance ? Je veux simplement expliquer ce qui se passe. »

Solutions : « Lorsque le discours met l’accent sur ce qui ne dépend pas de vous, que se passe-t-il pour ce qui dépend de vous ? N’est-il pas plus difficile de questionner ce qui pourrait être ajusté, transformé ou réorganisé ? »

Le Type 3 : « C’est vrai que certains projets stagnent. Et mes équipes me disent parfois : “On attend que le contexte change.” Je commence peut-être à entendre mon propre discours dans leur bouche… »

Solutions : « Et si la vraie question n’était pas “À qui la faute ?”… mais “Que pouvons-nous reprendre en main ?” »

Un long silence.

Le Type 3 : « Peut-être que je protège mon ego. C’est dur d’admettre qu’on peut agir autrement. En disant “ce n’est pas de ma faute”, je me rassure — mais je m’enferme. »

Solutions : « Se déresponsabiliser protège à court terme, mais limite à long terme. Reprendre la main, même partiellement, redonne à l’équipe sa capacité à agir. »

Le Type 3 : « Vous voulez dire que je devrais regarder d’abord ce que je peux changer… même si ce n’est qu’une petite part ? »

Solutions : « Le leadership commence souvent par une question simple : “Quelle part m’appartient et que puis-je transformer ?” »

Ce que révèle ce profil du Type 3

Ce Type 3  possède des forces précieuses : clairvoyance, sens critique aiguisé, capacité à débusquer les causes et les incohérences, lecture fine des facteurs externes. Cette lucidité est un atout.

Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

L’Angle Mort du Type 3

Le Type 3 attribue la responsabilité à des causes externes et consciemment ou non cherche ainsi à se protéger.
Résultat : il perd sa capacité à agir.
En déclarant que les causes sont externes, il retire à l’équipe la possibilité d’influencer la situation. Le discours devient un anesthésiant silencieux : moins on se sent acteur, moins on agit — et plus le contexte se dégrade.

Le risque : une organisation qui se met en attente.

Les 5 enseignements clés

      1. Externaliser la faute réduit l’espace d’action

Se concentrer sur qui est responsable bloque l’action. L’énergie mentale est absorbée par la critique et le reproche plutôt que par les solutions. Reprendre la main sur ses choix permet de transformer les contraintes en leviers de progression.

      1. Chercher la faute empêche de chercher la solution

Quand toute l’attention et l’énergie sont portées sur l’explication du problème, l’innovation est paralysée. Les équipes passent plus de temps à analyser qu’à agir. Orienter l’énergie vers la recherche de solutions concrètes permet de débloquer la performance et la créativité.

      1. La responsabilité est un levier, pas un poids

Accepter une part de responsabilité libère du pouvoir d’agir. Même 10 % de responsabilité consciente peut générer 90 % de maîtrise sur les résultats. La responsabilisation transforme la posture de victime en posture proactive.

      1. Le contexte ne dicte pas tout

Le milieu complexe n’explique pas toutes les difficultés. Les organisations qui progressent savent tirer parti de micro-ajustements, expérimenter et corriger rapidement. Cela montre que la capacité d’adaptation individuelle et collective prime souvent sur les contraintes externes.

      1. Le vrai courage consiste à dire : “Et si une part me revenait ?”

Se remettre en question face aux échecs demande de l’audace. Admettre sa part dans les problèmes ouvre la porte à l’apprentissage et à la transformation. C’est cette posture de lucidité qui distingue le leader capable de s’améliorer et d’inspirer ses équipes.

Des pistes d’évolution

Changer de formulation transforme la posture de victime en posture proactive. Cela incite à identifier les actions concrètes possibles plutôt que de se focaliser sur les causes externes. Cette simple question ouvre un espace d’action et de réflexion sur la contribution individuelle et collective.

→ Réintroduire la notion de zone d’influence réelle

Comprendre ce qui dépend réellement de nous permet de concentrer l’énergie sur les leviers d’action efficaces. Cela évite de gaspiller du temps sur des éléments hors de contrôle. L’équipe apprend ainsi à distinguer ce qui peut être transformé de ce qui doit être accepté.

→ Créer un rituel d’analyse : ce que nous ne maîtrisons pas / ce que nous maîtrisons

Mettre en place un moment régulier pour faire le point structure la réflexion. Cela aide à clarifier les responsabilités et à prioriser les actions. La distinction entre maîtrise et non-maîtrise réduit la tendance à blâmer l’extérieur et encourage l’engagement concret.

→ Renforcer la responsabilisation collective plutôt que la déculpabilisation individuelle

Encourager l’action partagée permet de mutualiser l’effort et de développer l’apprentissage organisationnel. La responsabilité devient un outil de progrès plutôt qu’un poids personnel. L’équipe devient plus agile et proactive face aux défis.

→ Transformer le discours : passer de la causalité à la capacité

Changer le focus de « pourquoi ça arrive » à « que pouvons-nous faire » stimule la créativité et la recherche de solutions. Cela permet de sortir de la logique d’excuse et de construire des stratégies concrètes. L’énergie collective est alors orientée vers l’impact plutôt que vers le reproche.

Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

→ Les travaux sur la “locus of control” montrent que les leaders orientés contrôle externe innovent moins et se réinventent plus difficilement.

→ Les recherches en psychologie organisationnelle démontrent que l’imputabilité partagée renforce l’engagement collectif.

→ L’expérience de terrain l’illustre : lorsqu’un dirigeant cesse de se justifier par le contexte, son organisation retrouve immédiatement des marges de manœuvre.

→ Les équipes se mobilisent davantage lorsqu’elles entendent : « Voici ce que nous pouvons faire », plutôt que : « Voici ce qui nous bloque. »

👉 Retrouvez l’intégralité de la série :
Et si vous étiez votre propre angle mort ?

#Leadership #Responsabilité #Stratégie #Entrepreneuriat #Management #Angle mort

 

 

 

 

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Le profil de type 2 : « Je persiste et signe ! »

Quand l’expérience devient un piège

Chez le Type 2 : Le « Garden du Temple »  « Je persiste et signe » (Dominance : Expérience passée), l’expérience est une armure. Trente ans de métier, des crises surmontées, des concurrents disparus… et lui, toujours debout. Son mantra est la fidélité : aux méthodes éprouvées, aux recettes ancestrales, aux principes qui ont fait leurs preuves. Le changement n’est pas vu comme une opportunité, mais comme un effet de mode pour les faibles qui cherchent des excuses.

Mais que se passe-t-il lorsque cette expérience, cette volonté inébranlable de tenir le cap, commence à masquer l’obsolescence ?

Des verbatim qui interpellent et ne trompent pas

En lisant ces phrases, quelque chose fait peut-être écho.
Pas chez les autres. Chez vous.

Pas parce qu’elles vous définissent,
mais parce qu’elles correspondent à des moments précis de votre parcours.

Des moments où l’entrepreneur ne doute plus seulement d’une décision,
mais de la nature même du problème qu’il affronte.

Dans ces moments-là, vous êtes — en tout ou en partie — un entrepreneur de Type 2.

Ce n’est ni un défaut, ni une étiquette.
C’est une posture qui apparaît quand la complexité dépasse les repères habituels.

C’est pour cela que cet article — comme les six autres de cette série — ne parle pas d’un profil extérieur.
Il éclaire une zone que nous traversons tous, un jour ou l’autre.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire car basé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

À travers ce dialogue, découvrez comment une solidité absolue peut devenir un frein à la capacité de survie et à la prospérité de l’entreprise.

Le Type 2 : « La concurrence est rude, mais je tiens bon. J’ai traversé pire. L’expérience parle. »

Solutions : « C’est une force remarquable. Mais pensez-vous que les tempêtes d’hier sont de même nature que celles d’aujourd’hui ? Et si la prochaine crise était différente des précédentes ? »

Le Type 2 : « Une crise reste une crise. La forme change, le fond reste le même. C’est toujours une question de volonté et de bon sens. Ceux qui tremblent cherchent des excuses. Moi, je tiens la barre »

Solutions : « Et si vos clients changeaient plus vite que vous ? Est-ce que cela vous amène à vous questionner sur certaines de vos approches ? »

Le Type 2 : « Me questionner ? M’adapter ? Et perdre ce qui a fait ma force ? Pourquoi ? Mes méthodes ont fait leurs preuves ! Les clients négocient un peu… Ils demandent du digital, des délais plus courts… Mais ce sont des effets de mode. »

Solutions : « Ces “effets de mode” représentent quelle part de leurs demandes ? »

Le Type 2 : (Silence) « …En fait j’ai du mal à le dire. Tant ces demandes me paraissent parfois incohérentes. Leurs demandes varient tellement. A croire qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent Mais les vraies valeurs finiront par revenir et mes clients fidèles le resteront ! »

Solutions : « Imaginons une situation où la tempête n’est pas un orage passager, mais un changement climatique durable. Si l’ensemble de votre marché se déplace vers des pratiques que vos méthodes actuelles ne permettent pas de satisfaire, comment réagissez-vous ? »

Le Type 2 : « Je… je crois en ce que je fais. Mes clients aussi. C’est pour ça qu’ils reviennent. »

Solutions : « Et s’ils ne reviennent pas, non pas parce qu’ils sont insatisfaits, mais parce qu’une nouvelle génération de consommateurs n’a jamais eu la chance de découvrir votre savoir-faire, ou parce que de nouveaux acteurs arrivent avec une offre différente, produite de manière plus moderne, et qui grâce au marketing digital touchent une clientèle plus jeune ? Vos clients actuels sont-ils éternels ? »

Solutions : « Et vos équipes, que pensent-elles ? »

Le Type 2 : « Les jeunes se plaignent parfois. Ils voudraient du matériel plus moderne, des logiciels plus récents… Mais avec leurs nouveautés, on aurait des pannes tous les jours ! et puis surtout ils se croient devoir donner leur avis sur tout ! Comme si je les avais attendu ! Heureusement que je me tiens aux principes et valeurs qui m’ont réussi »

Solutions : « En êtes-vous si sûrs ? « Et si, justement, les vraies valeurs consistaient à évoluer ? Et si reconnaître que le monde change vraiment, même pour vous, n’était pas un aveu de faiblesse, mais la première preuve d’intelligence stratégique ?

Le type 2 : « Vous voulez dire que ma force pourrait être devenue une faiblesse ?

Solutions : « Oui. Tenir la barre, ce n’est pas refuser de changer de cap. Le courage, ce n’est pas seulement de rester droit dans ses bottes, c’est aussi de savoir les troquer contre des chaussures de marche pour explorer de nouveaux terrains. L’adaptation est un signe de force. Le vrai contrôle, c’est peut-être de savoir quand tenir le cap… et quand ajuster la voile. La question n’est pas d’abandonner vos principes, mais de les faire évoluer pour qu’ils restent pertinents. »

La résistance rassure, mais elle isole. L’adaptation éclairée, elle, protège.

Ce que révèle cet entrepreneur du Type 2

Ce Type 2 possède des forces réelles : expérience, résilience, fidélité aux principes, constance. Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

L’Angle Mort du Type 2 :

Le Type 2 confond la volonté de résister avec la capacité de s’adapter. Il utilise son succès passé comme une armure contre les transformations présentes. Le résultat : l’obsolescence progressive de son offre, la perte de parts de marché, et le silence d’une nouvelle génération de clients qui ne le connaît pas. Ses équipes, découragées par la rigidité, cessent de proposer des idées nouvelles.

Les 7 enseignements clés

Des pistes d’évolution

 

Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

👉 Retrouvez l’intégralité de la série :
Et si vous étiez votre propre angle mort ?

#Leadership #Responsabilité #Stratégie #Entrepreneuriat #Management #Angle mort

 

 

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