L’esprit du Design face à l’IA : une crise d’identité salutaire ?

 

l’IA ne menace pas le design, elle révèle l’absence de consensus sur ce qu’il est vraiment.

Le paradoxe de la définition

David Carvalho dans ce post énonce « comprendre, ressentir, décider » comme mission du design. C’est une vision… mais pas la vision. Et c’est précisément là que réside le problème. Le design souffre d’une polysémie stratégique : chacun y projette sa propre définition selon son contexte (graphique, produit, service, stratégique, UX, systémique…).

Cette plasticité était une force tant que le design gardait le monopole de certaines compétences opérationnelles. L’IA vient détruire ce monopole sur :

  • La production visuelle

  • L’idéation rapide

  • La synthèse d’informations

  • Même une certaine forme d’empathie simulée

La question de l’étudiant est cruciale

Imaginez effectivement cet étudiant face à Parcoursup. Que lui promet-on ?

  • Devenir « facilitateur de décision » ? Un consultant le fait aussi

  • Maîtriser des outils ? L’IA les rend accessibles à tous

  • Développer sa créativité ? Notion romantique et floue

  • Comprendre l’humain ? Les sciences cognitives existent déjà

Sans ancrage distinctif clair, la promesse devient vaporeuse.

Le risque de désagrégation

Sans consensus sur le point de départ, toute tentative de réinvention aboutira à une cacophonie. Chaque école, chaque praticien ajustera sa définition du « design augmenté par l’IA » selon sa propre interprétation initiale du design.

Résultat : on aura non pas une discipline renforcée, mais des fragments incompatibles qui affaibliront la légitimité collective.

Alors, quelle base commune ?

Pour éviter la désagrégation, il faudrait peut-être converger sur ce que le design fait que ni l’IA ni d’autres disciplines ne font :

L’incarnation matérielle d’intentions dans des contraintes réelles.

Pas la stratégie (le « quoi »), pas l’ingénierie (le « comment technique »), mais le « comment sensible » : donner forme à quelque chose qui fonctionne ET qui signifie, dans un contexte donné, pour des humains spécifiques.

L’IA peut générer 1000 variations. Le designer choisit LA forme qui porte le sens juste, au bon moment, pour les bonnes raisons. C’est un acte de jugement situé, pas d’optimisation algorithmique.

La promesse réorientée

Les écoles de design pourraient alors promettre : « Nous formons des professionnels capables de discernement dans la matérialisation d’intentions, maîtrisant l’IA comme outil mais gardant la responsabilité du jugement final dans des contextes complexes et ambigus. »

Moins sexy ? Peut-être. Mais au moins défendable face à l’IA.

 La fusée « Design.IA » ne décollera que si on s’accorde d’abord sur ce qu’on met dans le réservoir. Et aujourd’hui, chacun y verse un carburant différent.

 

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Design : création ou accouchement du réel ?


L’alerte d’Aurélie Marchal : se méfier des « fack designers »

Aurélie Marchal s’insurge avec raison dans ce post contre l’auto-proclamation de certains « fack designers ». Et pour nous en prémunir, elle nous invite à un premier filtre de sélection : « De votre côté, si vous souhaitez faire appel à un designer, regardez bien sa formation. »

Au-delà de la formation, la mission

Mais, en poussant la réflexion, le diplôme ne dit pas tout. Il est essentiel de s’interroger sur la finalité que ce designer attribue à sa mission : pourquoi crée-t-il ? Pour qui ? Dans quelle vision du monde s’inscrit-il ? L’Esprit Design se reconnaît moins dans les outils maîtrisés que dans l’intention profonde portée par le projet.

Créateur ou accoucheur ? Une différence cruciale

Un designer est-il un simple producteur de forme, satisfait de livrer un bel objet qui flattera l’œil et son ego ? Ou bien est-il celui qui, avec vous, explore une nouvelle voie, et donne naissance à une solution enracinée dans les besoins réels, à l’épreuve du quotidien et générant le futur ?

La vraie valeur d’un design : son adoption par le réel

Le premier vous livre un objet peut-être esthétique, mais possiblement inutile. Le second, lui, collabore avec vous à faire émerger une nouvelle réalité. Une innovation, à a différence de la seule création, n’est et ne vaut que par l’usage qu’elle génère, par l’impact qu’elle crée dans la vie réelle.

Savoir ce que l’on cherche vraiment

Avant de choisir un designer, demandez-vous : avez-vous besoin d’un créateur d’objet ou d’un accompagnateur d’innovation ? Souhaitez-vous un résultat figé ou une solution vivante, appelée à s’insérer dans votre environnement et à l’enrichir en le faisant évoluer ?

Appel à la vigilance et à la vision

Le design peut être décoratif ou transformatif. À vous, donneur d’ordre, décideur, entrepreneur, de choisir ce que vous attendez. Un design qui orne ou un design qui agit.Interrogez vos besoins, votre vision, et choisissez un designer qui vous aidera à façonner un futur tangible, utile, et profondément humain, accoucheur d’avenir.

 

 

 

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