L’Entrepreneur de Type 4 : « Là, je fonce dans le mur…! »

Quand reconnaître le problème ne suffit plus… et que la lucidité devient paralysante.

Chez l’entrepreneur de Type 4, le problème n’est ni nié ni minimisé. Il est vu. Ressenti. Pressenti.

Quelque chose ne va pas — et il le sait.

Il perçoit les signaux faibles : une fatigue diffuse dans les équipes, des résultats qui plafonnent, une tension sourde, une impression persistante de tourner en rond. Il n’est pas aveugle. Il est lucide.
Mais cette lucidité ne débouche pas sur l’action.

Car une question le hante :
« Tant que je ne comprends pas exactement ce qui ne va pas, comment agir sans faire pire ? »

Et c’est là que commence la paralysie.

Des verbatim qui interpellent

Ou en synthèse :

    • Voir sans pouvoir nommer :« Je vois le problème, mais il m’échappe. »

    • Comprendre trop pour agir : « Tant que je ne comprends pas, je n’agis pas. »

    • Porter seul ce qui pourrait être partagé : « C’est à moi de porter l’incertitude. »

      Si ces phrases vous parlent, vous êtes peut-être — en tout ou en partie — un entrepreneur de Type 4.

      Et comme pour les autres types, il serait étonnant qu’à aucun moment, dans aucune situation, vous ne vous soyez reconnu dans ces mots.
      Cet article, comme les six autres de la série « Et si vous étiez votre propre angle mort ? », nous concerne tous.

      Un dialogue révélateur

      (Dialogue imaginé mais non imaginaire, fondé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

      L’Entrepreneur :
      « Je sais qu’il y a un problème. Je le sens. Mais je ne sais pas encore lequel exactement. Et tant que je n’ai pas compris, je ne peux pas embarquer mes équipes là-dedans. »

      Solutions :
      « Qu’est-ce qui vous fait penser que vos équipes ne perçoivent rien ? »

      L’Entrepreneur :
      « Elles sentent sûrement qu’il se passe quelque chose… Mais si je leur dis que je ne sais pas, je vais les inquiéter. Elles attendent de moi des réponses, pas des questions. »

      Solutions :
      « Êtes-vous certain que le silence rassure davantage que l’incertitude partagée ? »

      L’Entrepreneur :
      « Je préfère porter ça seul plutôt que de créer de l’angoisse collective. »

      Solutions :
      « Et lorsque vous portez cela seul… que se passe-t-il pour votre capacité à agir ? »

      L’Entrepreneur :
      « Je réfléchis. Beaucoup. J’analyse. Mais plus j’analyse, plus le problème me semble complexe. »

      Solutions :
      « Et pendant que vous cherchez à comprendre parfaitement… que fait l’organisation ? »

      (Silence)

      L’Entrepreneur :
      « Elle attend. Et moi aussi, je crois. »

      Solutions :
      « Et si votre rôle n’était pas d’avoir la réponse… mais de poser la question avec eux ? »

      L’Entrepreneur :
      « Vous voulez dire que je pourrais dire : “Je vois un problème, je ne le comprends pas encore, mais j’ai besoin de vous” ? »

      Solutions :
      « Et si c’était précisément ce qui débloquait la situation ? »

      Un long silence.

      L’Entrepreneur :
      « Peut-être que je confonds leadership et infaillibilité. »

      Ce que révèle cet entrepreneur de Type 4

      L’entrepreneur de Type 4 possède de grandes qualités :
      lucidité, sens des signaux faibles, profondeur d’analyse, respect de la complexité, expérience.

      Il refuse les solutions simplistes, les réponses toutes faites, les recettes miracles.
      Il sait que les problèmes récurrents ne se règlent pas par un simple coup de barre.

      Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

      L’angle mort du Type 4

      L’entrepreneur de Type 4 croit qu’il doit comprendre avant de partager.
      Résultat : il partage trop tard… ou pas du tout.

      En voulant protéger ses équipes de son incertitude, il les prive de leur capacité à l’aider.
      En cherchant la bonne réponse, il bloque la dynamique collective.
      En attendant la clarté parfaite, il fige l’action.

      Le mur n’est pas le problème.
      Le problème, c’est d’y foncer seul.

      Les 5 enseignements clés

      1. Voir le problème ne suffit pas à le résoudre

      La lucidité sans action partagée mène à l’isolement, pas à la transformation.

      2. L’isolement du dirigeant est un mythe dangereux

      Aucun leader ne résout seul des problèmes complexes et systémiques.

      3. La vulnérabilité n’affaiblit pas l’autorité

      Elle crée les conditions de la confiance, de l’engagement et de l’intelligence collective.

      4. Les problèmes récurrents signalent une posture à transformer

      Quand les solutions échouent, ce n’est pas toujours le problème qu’il faut changer… mais la manière de le traiter.

      5. Nommer ensemble vaut mieux que comprendre seul

      La clarté émerge du dialogue, pas de l’introspection solitaire.

      Des pistes d’évolution

      Partager le problème avant la solution
      Dire : « Voilà ce que je vois. Voilà ce que je ne comprends pas encore. »

      Créer des espaces de diagnostic collectif
      Explorer le problème sans chercher immédiatement à le résoudre.

      Passer de la perfection à l’itération
      Tester, ajuster, apprendre — plutôt qu’attendre la réponse idéale.

      Redéfinir le rôle du leader
      Passer de celui qui sait à celui qui fait émerger.

      Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

      Les Sources : Auteurs et ouvrages majeurs

      Cohérence avec le Type 4

      Ces auteurs convergent sur un point central :

      Ce qui bloque l’action n’est pas le manque d’intelligence, mais l’isolement cognitif du décideur.

      Exactement l’angle mort de l’entrepreneur de Type 4.

      Le vrai courage

      Il n’est pas de foncer dans le mur en klaxonnant mais d’oser regarder ce qui se cache derrière ce mur et ce qu’il nous révèle.

      Et vous : avez-vous déjà vu (ou incarné) ce Type 3 ? Venez partager vos expériences.

      🔜 Le prochain article : l’Entrepreneur de Type 5 sera publié le mardi 6 janvier prochain. Il sera consacré à l’Entrepreneur du Type 5 : « Que voulez-vous que j’y fasse … ?! »

      Retrouver l’ensemble de la série  » Et si vous étiez votre propre angle mort ? » 

      #Leadership #Vulnérabilité #IntelligenceCollective #Entrepreneuriat #Lucidité

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L’Entrepreneur de Type 3 : « C’est la faute à … ! »

Chaque difficulté a un coupable tout trouvé ou Quand la responsabilité s’échappe par réflexe.

Chez l’entrepreneur de Type 3 « C’est la faute à… », l’analyse des responsabilités est un réflexe immédiat. C’est une force, parfois même une justesse redoutable : il voit ce qui dysfonctionne, identifie les failles, pointe les incohérences. Pour lui, un problème n’est jamais un mystère : il est la conséquence logique de causes bien réelles — souvent externes, parfois structurelles.

Mais que se passe-t-il lorsque cette habitude d’attribuer la responsabilité ailleurs… finit par priver l’entrepreneur de son propre pouvoir d’action ?

Des verbatim qui interpellent

Ou en synthèse :

« Le marché est complètement imprévisible, voilà le problème. »
« Avec des équipes plus engagées, on n’en serait pas là. »
« Mes fournisseurs ne suivent pas, comment voulez-vous avancer ? »
« C’est l’État / les règles / les autres qui compliquent tout. »
« Je fais ce que je peux, mais je ne peux pas tout porter seul. »

Si ces phrases vous parlent, vous êtes peut-être un entrepreneur de Type 3 : celui qui voit les responsabilités… partout, sauf dans ce qu’il peut vraiment changer.

Vous reconnaissez des collaborateurs, des interlocuteurs… vous vous reconnaissez peut-être dans ces phrases !!! Il se peut qu’ils soient, que vous soyez un entrepreneur du Type 3 (en tout ou en partie). Il serait d’ailleurs étonnant qu’à aucun moment et dans aucune circonstance, vous ne soyez, nous ne soyons pas amenés à prononcer ces phrases.

Cet article comme les 6 autres articles de la Série (de l’aveuglement à la lucidité) nous concernent tous de près ou de loin.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire car basé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

À travers ce dialogue, découvrez comment l’habitude d’externaliser la responsabilité peut devenir un frein à la lucidité stratégique et à la transformation.

L’Entrepreneur : « Honnêtement, ce qui nous bloque, ce n’est pas nous. C’est le contexte. Les règles changent, les équipes ne suivent pas, les partenaires déçoivent. Avec un environnement plus fiable, on serait bien plus loin. »

Solutions : « Vous décrivez des réalités indéniables. Mais lorsque vous dites que le problème vient de l’extérieur, est-ce une observation… ou une manière d’éloigner ce qui pourrait être inconfortable à regarder ? »

L’Entrepreneur : « Non, c’est factuel. Quand les autres ne font pas leur part, on ne peut pas avancer. C’est mécanique. »

Solutions : « Et lorsque tout dépend des autres… que devient votre marge d’action ? Que peut faire votre équipe lorsqu’elle vous entend dire que les causes sont hors de portée ? »

L’Entrepreneur : « Elle comprend que tout n’est pas de notre faute. Beaucoup de dirigeants pensent résoudre des problèmes qui ne viennent même pas d’eux. Moi, je remets les choses à leur place. »

Solutions : « Cette lucidité est utile. Mais n’y a-t-il pas un risque que votre équipe se dise : “Puisque tout dépend des autres… autant attendre” ? Une responsabilité externalisée peut-elle créer une forme de résignation interne ? »

L’Entrepreneur : « Vous pensez que je transmets de l’impuissance ? Je veux simplement expliquer ce qui se passe. »

Solutions : « Lorsque le discours met l’accent sur ce qui ne dépend pas de vous, que se passe-t-il pour ce qui dépend de vous ? N’est-il pas plus difficile de questionner ce qui pourrait être ajusté, transformé ou réorganisé ? »

L’Entrepreneur : « C’est vrai que certains projets stagnent. Et mes équipes me disent parfois : “On attend que le contexte change.” Je commence peut-être à entendre mon propre discours dans leur bouche… »

Solutions : « Et si la vraie question n’était pas “À qui la faute ?”… mais “Que pouvons-nous reprendre en main ?” »

Un long silence.

L’Entrepreneur : « Peut-être que je protège mon ego. C’est dur d’admettre qu’on peut agir autrement. En disant “ce n’est pas de ma faute”, je me rassure — mais je m’enferme. »

Solutions : « Se déresponsabiliser protège à court terme, mais limite à long terme. Reprendre la main, même partiellement, redonne à l’équipe sa capacité à agir. »

L’Entrepreneur : « Vous voulez dire que je devrais regarder d’abord ce que je peux changer… même si ce n’est qu’une petite part ? »

Solutions : « Le leadership commence souvent par une question simple : “Quelle part m’appartient et que puis-je transformer ?” »

Ce que révèle cet entrepreneur du Type 3

Cet entrepreneur possède des forces précieuses : clairvoyance, sens critique aiguisé, capacité à débusquer les incohérences, lecture fine des facteurs externes. Cette lucidité est un atout.

Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

L’Angle Mort du Type 3

L’entrepreneur attribue la responsabilité ailleurs pour se protéger.
Résultat : il perd sa capacité à agir.
En déclarant que les causes sont externes, il retire à l’équipe la possibilité d’influencer la situation. Le discours devient un anesthésiant silencieux : moins on se sent acteur, moins on agit — et plus le contexte se dégrade.

Le risque : une organisation qui se met en attente.

Les 5 enseignements clés

  1. Externaliser la faute réduit l’espace d’action

Se concentrer sur qui est responsable bloque l’action. L’énergie mentale est absorbée par la critique et le reproche plutôt que par les solutions. Reprendre la main sur ses choix permet de transformer les contraintes en leviers de progression.

  1. Chercher la faute empêche de chercher la solution

Quand toute l’attention est portée sur l’explication du problème, l’innovation est paralysée. Les équipes passent plus de temps à analyser qu’à agir. Orienter l’énergie vers la recherche de solutions concrètes permet de débloquer la performance et la créativité.

  1. La responsabilité est un levier, pas un poids

Accepter une part de responsabilité libère du pouvoir d’agir. Même 10 % de responsabilité consciente peut générer 90 % de maîtrise sur les résultats. La responsabilisation transforme la posture de victime en posture proactive.

  1. Le contexte ne dicte pas tout

Le milieu complexe n’explique pas toutes les difficultés. Les organisations qui progressent savent tirer parti de micro-ajustements, expérimenter et corriger rapidement. Cela montre que la capacité d’adaptation individuelle et collective prime souvent sur les contraintes externes.

  1. Le vrai courage consiste à dire : “Et si une part me revenait ?”

Se remettre en question face aux échecs demande de l’audace. Admettre sa part dans les problèmes ouvre la porte à l’apprentissage et à la transformation. C’est cette posture de lucidité qui distingue le leader capable de s’améliorer et d’inspirer ses équipes.

Des pistes d’évolution

Changer de formulation transforme la posture de victime en posture proactive. Cela incite à identifier les actions concrètes possibles plutôt que de se focaliser sur les causes externes. Cette simple question ouvre un espace d’action et de réflexion sur la contribution individuelle et collective.

→ Réintroduire la notion de zone d’influence réelle

Comprendre ce qui dépend réellement de nous permet de concentrer l’énergie sur les leviers d’action efficaces. Cela évite de gaspiller du temps sur des éléments hors de contrôle. L’équipe apprend ainsi à distinguer ce qui peut être transformé de ce qui doit être accepté.

→ Créer un rituel d’analyse : ce que nous ne maîtrisons pas / ce que nous maîtrisons

Mettre en place un moment régulier pour faire le point structure la réflexion. Cela aide à clarifier les responsabilités et à prioriser les actions. La distinction entre maîtrise et non-maîtrise réduit la tendance à blâmer l’extérieur et encourage l’engagement concret.

→ Renforcer la responsabilisation collective plutôt que la déculpabilisation individuelle

Encourager l’action partagée permet de mutualiser l’effort et de développer l’apprentissage organisationnel. La responsabilité devient un outil de progrès plutôt qu’un poids personnel. L’équipe devient plus agile et proactive face aux défis.

→ Transformer le discours : passer de la causalité à la capacité

Changer le focus de « pourquoi ça arrive » à « que pouvons-nous faire » stimule la créativité et la recherche de solutions. Cela permet de sortir de la logique d’excuse et de construire des stratégies concrètes. L’énergie collective est alors orientée vers l’impact plutôt que vers le reproche.

Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

→ Les travaux sur la “locus of control” montrent que les leaders orientés contrôle externe innovent moins et se réinventent plus difficilement.
→ Les recherches en psychologie organisationnelle démontrent que l’imputabilité partagée renforce l’engagement collectif.
→ L’expérience de terrain l’illustre : lorsqu’un dirigeant cesse de se justifier par le contexte, son organisation retrouve immédiatement des marges de manœuvre.
→ Les équipes se mobilisent davantage lorsqu’elles entendent : « Voici ce que nous pouvons faire », plutôt que : « Voici ce qui nous bloque. »

🔜 Le prochain article : l’Entrepreneur de Type 4 sera publié jeudi prochain
Il sera consacré à l’Entrepreneur du Type 4 : « Je fonce dans le mur… !», cet entrepreneur qui ne pose pas la question « Qu’est-ce que ce mur me cache ? ». cet entrepreneur qui reconnait le problème mais qui tétanisé par lui finit par …être attiré par le mur vers lequel il va tout droit … en klaxonnant.

📖 Retrouvez l’ensemble des articles de la série « 7 actes pour passer de l’aveuglement à la lucidité ».

#Leadership #Responsabilité #Stratégie #Entrepreneuriat #Management #Lucidité

 

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L’Entrepreneur de type 2 : « Je persiste et signe ! »

Quand l’expérience devient un piège

Chez l’entrepreneur de Type 2 « Je persiste et signe », l’expérience est une armure. Trente ans de métier, des crises surmontées, des concurrents disparus… et lui, toujours debout. Son mantra est la fidélité : aux méthodes éprouvées, aux recettes ancestrales, aux principes qui ont fait leurs preuves. Le changement n’est pas vu comme une opportunité, mais comme un effet de mode pour les faibles qui cherchent des excuses.

Mais que se passe-t-il lorsque cette expérience, cette volonté inébranlable de tenir le cap, commence à masquer l’obsolescence ?

Des verbatim qui interpellent et ne trompent pas

Si ces phrases vous parlent, vous êtes peut-être un entrepreneur de type 2 : celui qui confond la solidité avec la rigidité… jusqu’à ce que le marché le dépasse.

Vous reconnaissez des collaborateurs, des interlocuteurs… vous vous reconnaissez peut-être dans ces phrases !!! Il se peut qu’ils soient, que vous soyez un entrepreneur du Type 2 (en tout ou en partie). Il serait d’ailleurs étonnant qu’à aucun moment et dans aucune circonstance, vous ne soyez, nous ne soyons pas amenés à prononcer ces phrases. Cette série nous concerne tous de près ou de loin.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire car basé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

À travers ce dialogue, découvrez comment une solidité absolue peut devenir un frein à la capacité de survie et à la prospérité de l’entreprise.

L’Entrepreneur : « La concurrence est rude, mais je tiens bon. J’ai traversé pire. L’expérience parle. »

Solutions : « C’est une force remarquable. Mais pensez-vous que les tempêtes d’hier sont de même nature que celles d’aujourd’hui ? Et si la prochaine crise était différente des précédentes ? »

L’Entrepreneur : « Une crise reste une crise. La forme change, le fond reste le même. C’est toujours une question de volonté et de bon sens. Ceux qui tremblent cherchent des excuses. Moi, je tiens la barre »

Solutions : « Et si vos clients changeaient plus vite que vous ? Est-ce que cela vous amène à vous questionner sur certaines de vos approches ? »

L’Entrepreneur : « Me questionner ? M’adapter ? Et perdre ce qui a fait ma force ? Pourquoi ? Mes méthodes ont fait leurs preuves ! Les clients négocient un peu… Ils demandent du digital, des délais plus courts… Mais ce sont des effets de mode. »

Solutions : « Ces “effets de mode” représentent quelle part de leurs demandes ? »

L’Entrepreneur : (Silence) « …En fait j’ai du mal à le dire. Tant ces demandes me paraissent parfois incohérentes. Leurs demandes varient tellement. A croire qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent Mais les vraies valeurs finiront par revenir et mes clients fidèles le resteront ! »

Solutions : « Imaginons une situation où la tempête n’est pas un orage passager, mais un changement climatique durable. Si l’ensemble de votre marché se déplace vers des pratiques que vos méthodes actuelles ne permettent pas de satisfaire, comment réagissez-vous ? »

L’Entrepreneur : « Je… je crois en ce que je fais. Mes clients aussi. C’est pour ça qu’ils reviennent. »

Solutions : « Et s’ils ne reviennent pas, non pas parce qu’ils sont insatisfaits, mais parce qu’une nouvelle génération de consommateurs n’a jamais eu la chance de découvrir votre savoir-faire, ou parce que d’autres car vous n’êtes pas là ou parce que de nouveaux acteurs arrivent avec une offre différente, produite de manière plus moderne, et qui grâce au marketing digital touchent une clientèle plus jeune ? Vos clients actuels sont-ils éternels ? »

Solutions : « Et vos équipes, que pensent-elles ? »

L’Entrepreneur : « Les jeunes se plaignent parfois. Ils voudraient du matériel plus moderne, des logiciels plus récents… Mais avec leurs nouveautés, on aurait des pannes tous les jours ! et puis surtout ils se croient devoir donner leur avis sur tout ! Comme si je les avais attendu ! Heureusement que je me tiens aux principes et valeurs qui m’ont réussi »

Solutions : « En êtes-vous si sûrs ? « Et si, justement, les vraies valeurs consistaient à évoluer ? Et si reconnaître que le monde change vraiment, même pour vous, n’était pas un aveu de faiblesse, mais la première preuve d’intelligence stratégique ?

L’Entrepreneur : « Vous voulez dire que ma force pourrait être devenue une faiblesse ?

Solutions : « Oui. Tenir la barre, ce n’est pas refuser de changer de cap. Le courage, ce n’est pas seulement de rester droit dans ses bottes, c’est aussi de savoir les troquer contre des chaussures de marche pour explorer de nouveaux terrains. L’adaptation est un signe de force. Le vrai contrôle, c’est peut-être de savoir quand tenir le cap… et quand ajuster la voile. La question n’est pas d’abandonner vos principes, mais de les faire évoluer pour qu’ils restent pertinents. »

La résistance rassure, mais elle isole. L’adaptation éclairée, elle, protège.

Ce que révèle cet entrepreneur du Type 2

Cet entrepreneur possède des forces réelles : expérience, résilience, fidélité aux principes, constance. Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

L’Angle Mort du Type 2 :

L’entrepreneur confond la volonté de résister avec la capacité de s’adapter. Il utilise son succès passé comme une armure contre les transformations présentes. Le résultat : l’obsolescence progressive de son offre, la perte de parts de marché, et le silence d’une nouvelle génération de clients qui ne le connaît pas. Ses équipes, découragées par la rigidité, cessent de proposer des idées nouvelles.

Les 7 enseignements clés

Des pistes d’évolution

 

Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

🔜 Le prochain article : l’Entrepreneur de Type 3 sera publié le mercredi 17 décembre prochain

Le prochain acte de cette série sera consacré à L’Entrepreneur de Type 3 « C’est la faute à … ». Cet entrepreneur qui ne se pose pas la question : « Et si je faisais partie du problème ? »

Retrouvez la Série « De l’Aveuglement à la Lucidité » qui liste l’ensemble des 7 profils au fur et à mesure de leur publication.

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L’entrepreneur de Type 1 : « Tout est sous contrôle »

Chez l’entrepreneur de Type 1 « Tout est sous contrôle », l’assurance est une seconde nature. C’est un moteur puissant, celui qui a permis à l’entreprise de naître et de surmonter ses premières épreuves. Son mantra est la maîtrise : des indicateurs précis, une gouvernance solide, des équipes alignées. Le problème n’est pas vu comme une réalité, mais comme une opportunité déguisée, un simple obstacle technique à corriger.

Mais que se passe-t-il lorsque cette certitude, cette volonté inébranlable d’agir, commence à masquer la réalité ?

Des verbatim qui interpellent

Contenu de l’article

Si ces phrases vous parlent, vous êtes peut-être un entrepreneur de type 1 : celui qui croit tout maîtriser… jusqu’à ce que la réalité le rattrape.

Vous reconnaissez des collaborateurs, des interlocuteurs… vous vous reconnaissez peut-être dans ces phrases !!! Il se peut qu’ils soient, que vous soyez un entrepreneur du Type 1 (en tout ou en partie). Il serait d’ailleurs étonnant qu’à aucun moment et dans aucune circonstance, vous ne soyez, nous ne soyons pas amenés à prononcer ces phrases. Cet article comme les 6 articles à venir nous concernent tous de près ou de loin.

Un dialogue révélateur

(Dialogue imaginé mais non imaginaire car basé sur 40 ans d’accompagnement de dirigeants et d’entrepreneurs)

À travers ce dialogue, découvrez comment une certitude absolue peut devenir un frein à la résilience et à la performance collective

L’Entrepreneur : « Franchement, je ne comprends pas tout ce bruit autour des problèmes. Pour moi, tout est sous contrôle ! Oui, il y a des imprévus, mais ce sont des occasions de montrer son savoir-faire. Les vrais leaders ne se laissent pas submerger. »

Solutions : « C’est une force. Mais quand vous dites « tout est sous contrôle », est-ce une description de la réalité, ou l’expression d’un besoin de la maintenir sous votre contrôle personnel ? »

L’Entrepreneur : « C’est un fait ! Mes équipes savent ce qu’elles ont à faire. Si quelque chose clochait, je le saurais. »

Solutions : « Et s’il arrivait qu’un collaborateur perçoive une difficulté que vous ne voyez pas ? Quand une équipe n’ose plus remonter les alertes, que deviennent les signaux faibles ? »

L’Entrepreneur : « Quand un collaborateur vient me parler d’un problème, je lui dis : « Apportez-moi des solutions. » C’est pour les responsabiliser ! »

Solutions : « Excellente intention. Mais en demandant uniquement la solution, vous coupez court à la description honnête du problème. Le collaborateur, sachant que la difficulté ne sera pas entendue, choisit de se taire. Votre insistance à vouloir des solutions immédiates pourrait-elle créer une culture où les collaborateurs hésitent à exprimer leurs préoccupations ? »

L’Entrepreneur : « Vous voulez dire que mon assurance pourrait étouffer les signaux faibles ? Mais si je commence à douter, tout s’effondre. Mon rôle, c’est d’être fort, non ? »

Solutions : « Donner confiance, oui. Mais la confiance n’est pas l’absence de lucidité. À quoi ressemble une confiance authentique ? Un masque inébranlable, ou la capacité à reconnaître ensemble ce qui menace ? »

L’Entrepreneur : « C’est vrai que mon directeur financier m’a envoyé trois emails ce mois-ci avec des analyses que je n’ai pas lues en détail. Ma DRH a demandé deux fois à me parler. J’ai reporté. Mon directeur commercial voulait me présenter les retours clients, je lui ai dit de faire une synthèse d’une page. »

Solutions : « Et si ces « aléas » dessinaient une tendance que vous refusez de voir — non par faiblesse, mais parce que reconnaître un problème serait un aveu d’échec ? »

Un long silence.

L’Entrepreneur : « Peut-être que j’ai voulu tellement tenir la barre que je n’écoute plus ce que je ne veux pas entendre… J’ai peur, en fait. Peur que si j’admets qu’il y a vraiment un problème, ça veuille dire que j’ai échoué. »

Solutions : « Et si reconnaître un problème n’était pas un échec, mais le premier acte de vrai leadership ? La simple reconnaissance d’une difficulté peut débloquer la créativité de l’équipe et faire émerger des solutions bien plus robustes. »

L’Entrepreneur : « Vous voulez dire que ma force pourrait être de dire « je ne sais pas » ou « j’ai besoin de comprendre » ? »

Solutions : « Que se passerait-il si, dès demain, vous disiez à votre équipe : « J’ai peut-être manqué des signaux importants. Aidez-moi à voir ce que je ne vois pas » ? »

L’Entrepreneur : « Ils seraient probablement soulagés. Surpris. Peut-être qu’ils me respecteraient encore plus. Parce que j’aurais eu le courage d’être vulnérable. Le vrai contrôle, c’est peut-être de savoir écouter avant d’agir. »

Solutions : « Le courage de résoudre un problème ou le courage d’admettre qu’il existe – lequel est le plus difficile ? »

L’Entrepreneur : « Admettre qu’il existe. Sans aucun doute. Peut-être que je confonds « confiance » et « contrôle ». En voulant tout anticiper, je ferme la porte à l’intelligence de mes équipes. »

La maîtrise rassure, mais elle isole. La lucidité partagée, elle, protège.

Ce que révèle cet entrepreneur du Type 1

Cet entrepreneur possède des forces réelles : courage, optimisme, capacité à trancher, orientation solution. Mais ces forces peuvent devenir des angles morts.

L’Angle Mort du Type 1 :

L’entrepreneur confond la volonté de résoudre un problème avec la capacité de l’identifier. Le résultat est l’ignorance des signaux faibles (turnover, insatisfaction client latente) qui, faute d’être reconnus, se transforment inéluctablement en crises. L’équipe, privée de l’écoute du leader, entre en silence stratégique.

Les 5 enseignements clés

  1. La certitude est un leurre Croire détenir toutes les réponses limite la capacité à innover. Les entrepreneurs les plus résilients savent douter pour mieux progresser.
  2. Les signaux faibles sont des alliés Les problèmes non identifiés (turnover latent, insatisfaction client masquée) peuvent devenir des crises. Mettre en place des canaux de feedback anonymes ou des audits externes permet de les détecter.
  3. L’humilité stratégique Reconnaître ne pas tout savoir n’est pas un aveu de faiblesse, mais une preuve de maturité. Collaborer avec des mentors ou des pairs pour challenger ses idées renforce la prise de décision.
  4. L’adaptabilité comme muscle Tester de petites évolutions (ex : un nouveau processus, un produit pilote) permet de s’adapter sans tout bouleverser. L’agilité naît de l’expérimentation, pas de la rigidité.
  5. Le vrai courage consiste à affronter l’inconfort. Le contrôle rassure ; la lucidité transforme.

Des pistes d’évolution

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Ce que nous enseignent la recherche et l’expérience

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🔜 Le prochain article : l’Entrepreneur de Type 2 sera publié le jeudi 11 décembre prochain

Le prochain acte de cette série sera consacré à L’Entrepreneur de Type 2 « Je persiste et signe » Cet entrepreneur qui ne se pose pas la question : « Et si mon expérience passée ne s’appliquait pas à cette situation ? »

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Pourquoi vos plans stratégiques finissent dans un tiroir (la solution en masterclass)

 

Avouez-le : vous aussi, vous avez vécu cet échec

Combien de fois avez-vous assisté à ces longues réunions stratégiques ? Combien d’heures passées à élaborer des plans détaillés ? Et combien de ces plans ont réellement été mis en œuvre ?

Vous êtes nombreux à avoir connu ces études stratégiques coûteuses qui n’aboutissent jamais. Ou pire encore : celles qui aboutissent à un beau document PowerPoint qui se révèle inapplicable dès qu’il affronte la réalité du terrain.

Face à l’incertitude croissante du monde actuel, la question se pose : quelle décision prendre ? Quelle action entreprendre ? Quelle stratégie mettre en œuvre ?

La question qui dérange tous les dirigeants

C’est dans ce contexte que Gilles Ruffieux, CEO de QiBud, m’a posé cette question provocante : « La stratégie en 2025 est-elle toujours pertinente comme discipline et comme pratique en entreprise ? »

Voilà une interrogation quasi existentielle pour un stratège d’entreprise.

J’ai accepté de relever le défi et d’animer, le 25 novembre dernier, une masterclass entièrement consacrée à cette question. Elle s’inscrit dans la série des masterclass que Gilles organise depuis Genève sur les thèmes de l’entrepreneuriat, en lien avec la mission de QiBud : valoriser et outiller l’initiative des acteurs en alignement avec la stratégie de l’entreprise.

Le grand nombre d’inscrits et l’intensité des échanges ont confirmé que cette question touche un point sensible chez les entrepreneurs et dirigeants.

La réponse va vous surprendre (et vous soulager)

Je tiens à rassurer tous les stratèges : oui, j’ai réussi à démontrer que la stratégie reste non seulement pertinente, mais plus indispensable que jamais.

Mais attention : pas la Stratégie avec un grand « S », cette discipline rigide enseignée dans les écoles de commerce des années 80. Celle-là est bel et bien morte.

La Stratégie est morte ! Vive la stratégie !

La discipline stratégique demeure bien vivante, malgré toutes les vagues qui ont tenté de la submerger depuis quarante ans : la finance, le marketing, la data, l’impact, et maintenant l’IA.

Mais à une condition absolue…

Cette survie exige un changement fondamental d’état d’esprit et de pratiques en entreprise. Dans la masterclass, je démontre comment ce changement repose sur quatre piliers essentiels :

  • Un changement visant la contribution, l’initiative et la réactivité de chacun des acteurs
  • La mise en œuvre d’une réelle subsidiarité
  • Une vision clarifiée et une ambition assumée de l’entreprise
  • La régénération continue par la réinvention permanente et organique

Mais comment ces quatre piliers s’articulent-ils concrètement ? Comment les mettre en œuvre dans votre organisation ? C’est précisément ce que je dévoile dans la masterclass.

L’erreur que 90% des entreprises commettent

Beaucoup, face aux déceptions des approches stratégiques antérieures, croient qu’il suffit d’inverser la pyramide traditionnelle et de favoriser la remontée d’information et de décision. C’est une erreur fondamentale.

Le changement requis va bien au-delà d’une simple inversion. Il exige une reconfiguration complète de l’imbrication et de l’ordonnancement des composantes de la démarche stratégique.

Dans la masterclass, je vous montre exactement :

  • Pourquoi l’inversion pyramidale ne fonctionne pas
  • Quelle reconfiguration opérer
  • Comment éviter les pièges classiques de la transformation
  • Les questions à se poser et les étapes concrètes pour réussir cette transition

Ce que vous découvrirez dans le replay

Cette masterclass ne propose pas une énième théorie abstraite. Elle vous donne une grille de lecture opérationnelle pour :

✓ Comprendre pourquoi vos démarches stratégiques actuelles échouent ✓ Identifier les blocages structurels de votre organisation ✓ Découvrir comment naviguer dans l’incertitude avec une stratégie vivante ✓ Mettre en œuvre les mécanismes de subsidiarité réelle ✓ Mobiliser l’intelligence collective sans perdre la cohérence ✓ Transformer votre approche dès demain

Un tel changement ne concerne pas seulement les stratèges, mais l’ensemble de votre organisation, de votre management, de votre fonctionnement quotidien.

Votre entreprise est-elle prête pour son futur voulu ?

Dans un environnement où l’incertitude devient la norme, où les repères traditionnels s’effondrent, la question mérite d’être posée sérieusement.

Les difficultés de l’environnement et du contexte actuels vous confrontent à des choix difficiles. La masterclass vous apporte des réponses concrètes et actionnables.

Nul doute que vous y trouverez des clés pour transformer les défis actuels en opportunités stratégiques.

La stratégie n’est pas morte. Elle attend que vous la réinventiez.

🎯 Accédez maintenant au replay de la masterclass

Ne laissez pas vos concurrents prendre de l’avance sur cette transformation essentielle.

[ACCÉDEZ ICI AU REPLAY DE LA MASTERCLASS]

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Manquer de souffle, manquer de sens

Un titre qui interroge et inspire

Un article de Jérôme Lecoq attire mon attention, autant par la richesse de son propos que par son titre : « Quand la pratique manque de souffle ». À sa lecture, et au vu de la situation étudiée dans l’article, je me demande si le titre « Quand la pratique s’essouffle » ne conviendrait pas mieux ici. Car entre « manquer de souffle » et « s’essouffler », il y a une nuance essentielle qui éclaire bien des situations.

Quand la pratique s’essouffle

Il arrive que nous reconnaissions un problème — un essoufflement, une fatigue, une perte de repères. Ce problème, souvent, n’est que le symptôme d’un déséquilibre plus profond. Comme le coureur qui s’arrête au bord de la piste, nous cherchons alors de l’aide : coach, philosophe, psychologue, consultant… Ces arrêts sont salutaires : ils permettent de reprendre souffle.

Quand le souffle manque vraiment

Mais il existe un autre cas, plus inquiétant : celui du manque de souffle, au sens d’absence ou de perte d’âme ou de projet. Ce manque ne fait pas mal tout de suite, il s’installe. Le projet tourne à vide, la répétition remplace la vision, et la personne comme l’organisation s’enlisent dans un décalage croissant avec le réel. Là, le risque n’est plus de s’arrêter, mais bien la « sortie de route ».

Le questionnement lucide, une pratique vitale

Se questionner sur la pertinence de sa perception et de ses décisions est un exercice vital. Inutile de l’habiller de grands mots : philosophie, psychologie, sociologie… Il s’agit simplement d’une vigilance active. Posons nous cette question simple et apportons y une réponse qui nous engage :

« La façon dont je perçois ma situation — et les décisions que j’en déduis — est-elle pertinente pour le futur que je veux construire ? »

Et là se trouve souvent le cœur du sujet : quel est ce futur voulu ? Pas rêvé, pas fantasmé, mais voulu, choisi, assumé.

Humanisme pragmatique : le souffle de l’entrepreneur

Ce questionnement n’est pas une posture intellectuelle, c’est le cœur même de l’acte d’entreprendre. Certains y voient de la philosophie, moi j’y vois un humanisme pragmatique : agir en conscience, dans le réel, pour faire advenir ce que l’on veut vraiment et que l’on fait tout pour y contribuer.

Retrouvons le souffle du sens

Merci à Jérôme Lecoq d’avoir suscité cette réflexion. Et si nous prenions, chacun, quelques instants pour interroger notre propre souffle — celui de nos pratiques, de nos projets, de nos organisations sana attendre qu’ils nous forcent à nous arrêter, faute de souffle ? Le retrouver, c’est déjà reprendre la route avec justesse et intention.

 

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Vers une économie de l’alliance. Philippe Lukacs.

Quelle belle initiative d’avoir invité Philippe Lukacs en première partie de l’Assemblée Générale des Dirigeants Responsables Océan La Vendée, dans les magnifiques locaux de l’École du Design Nantes Atlantique.

Une invitation parfaitement alignée avec cet engagement de responsabilité, qui fait directement écho aux propos de Philippe Lukacs : « Il est de notre responsabilité individuelle et collective de travailler à l’enrichissement de chacune de nos relations… En la prenant nous ne changerons pas, seuls, le monde. Mais nous aurons, à notre mesure, contribué à avancer vers un futur souhaitable et, de toute façon, nous aurons donné plus de sens et de poids d’humanité à notre vie. »

De l’échange à l’alliance : un pragmatisme inspirant

Cette phrase illustre parfaitement le pragmatisme de sa démarche et son appel à passer de l’échange à l’alliance.

Nul besoin d’un grand soir révolutionnaire. Philippe Lukacs nous invite simplement à faire de chaque échange l’occasion d’apporter un plus à la relation et de contribuer ainsi à l’émergence d’une nouvelle « Oikonomia » au-delà de la simple dimension économique pilotant notre civilisation.

Trois piliers pour transformer nos relations

Son approche repose sur trois fondements :

1.      Reconnaître l’équivalence de valeur entre soi et l’autre.

2.      Maintenir et valoriser les différences comme sources d’innovation et d’humanisation.

3.      Et, finalement, chercher à créer ensemble un « commun » partagé, qui dépasse la simple réciprocité de l’échange.

Échapper à la « civilisation du cimetière »

Cette démarche nous offre une voie pour échapper à cette « civilisation du cimetière » évoquée par l’ethnologue Robert Jaulin. Les deals Trumpiens sont la pointe extrême de la logique transactionnelle qui domine actuellement. Le chaos civilisationnel que celui-ci provoque déjà, le désastre annoncé, est la démonstration, si nécessaire, de l’urgence, pour chacun de nous, d’agir avec encore plus de clairvoyance et d’énergie pour, a contrario, favoriser cette logique d’alliance.

Un appel à la responsabilité

Grand merci à David le Glanaër pour cette initiative et pour avoir, par son interview, permis à Philippe Lukacs de nous inviter ainsi à « être, plus pleinement et de façon aussi pertinente que possible, responsable ».

Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la découverte de ce chemin vers plus d’Alliance, je recommande vivement la lecture du livre de Philippe Lukacs  » Vers une économie de l’Alliance. Pour déjouer les dérèglements du monde « . Mon compte-rendu détaillé est disponible [ici]. Il devrait vous donner l’envie de courir chez votre libraire ! 😉

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Vers une nouvelle oikonomia : Philippe Lukacs et l’économie de l’alliance

Portrait d’un penseur transdisciplinaire

Philippe Lukacs incarne la figure du praticien-théoricien qui traverse les disciplines pour mieux comprendre les mutations contemporaines. Après HEC, il a tenu à se former à l’ethnologie auprès de Robert Jaulin, puis à la sociologie de la science avec Serge Moscovici. Il a su tisser des ponts entre anthropologie et management.

Son parcours professionnel témoigne d’une recherche constante d’innovation : ancien adjoint au DRH de Thomson, il fonde le Laboratoire du futur où il collabore avec l’équipe de Muhammad Yunus et le créateur de Max Havelaar. Professeur de management de l’innovation à Centrale Paris, créateur d’un incubateur pour startups à potentiel mondial, il co-fonde ensuite ENGAGE, accélérateur de la transition écologique et sociale.

Cette trajectoire singulière lui confère une légitimité toute particulière pour diagnostiquer les dysfonctionnements de notre époque et proposer des alternatives concrètes.

Une critique radicale de la marchandisation du monde

Le diagnostic : un monde réifié

Philippe Lukacs pose dans son dernier livre paru aux éditions Erès: « Vers une économie de l’alliance – Pour déjouer les dérèglements du monde » » un diagnostic sévère sur la logique selon laquelle nous construisons notre monde social: une logique d’échange. Celle-ci a tout transformé en marchandise, y compris les relations humaines. Cette « réification » généralisée nous rend aveugle à ce qui est au-delà des marchandises, le climat notamment, déshumanise nos rapports à l’autre et crée un monde fondé sur la « peur de l’autre » plutôt que sur la confiance.

Philippe Lukacs identifie plusieurs symptômes de cette dérive, parmi lesquels :  la financiarisation de l’économie, le pilotage par le seul PIB, la réduction de l’entreprise aux seuls intérêts des actionnaires. Plus profondément, il observe une société de « l’accélération vide de sens » où chacun, porté par la psychologie positive devient un « négociant » de sa propre existence.

L’alternative : l’économie de l’alliance

Face à cette impasse, Philippe Lukacs propose un changement de paradigme : chercher, en toutes occasions, à passer d’une logique d’échange à une logique d’alliance. Cette économie de l’alliance repose sur trois piliers :

 1. Reconnaître l’équivalence de valeur entre soi et l’autre.

 2. Maintenir et valoriser les différences comme sources d’innovation et d’humanisation.

3. Et, finalement, chercher à créer un « commun » partagé, qui dépasse la simple réciprocité de l’échange.

Les idées novatrices : repenser notre « loi de composition sociale »

Une pensée fondée sur les conclusions d’une ethnologie moderne

« L’univers humain est créé par la relation de partage avec un autre différent de soi » – (page 75). Philippe Lukacs rappelle que, dès 1974, un ethnologue qui était aussi mathématicien, Robert Jaulin, soulignait que c’est cette logique, d’alliance, qui « permet l’invention de vivre » alors que la logique d’échange conduit, mécaniquement, à une « civilisation cimetière ».

 Une anthropologie de la confiance

Contrairement aux approches qui voient dans le capitalisme la source de nos maux, Philippe Lukacs remonte plus loin : c’est la « peur a priori de l’autre » dont on trouve les traces dans la Bible qui a engendré les systèmes de protection dont la réification marchande n’est qu’une conséquence. Il importe donc de passer à un « a priori de confiance » permettant « l’invention de vivre ».

S’appuyer sur une logique ternaire plutôt que binaire

Un des apports de Philippe Lukacs réside dans sa promotion d’une « logique ternaire ». Il souligne que l’échange conduit à une logique binaire qui amène à opposer deux termes (Par exemple : soi/l’autre, capital/travail, croissance/décroissance) ou à ne raisonner qu’en ne prenant en compte que deux termes (Par exemple, objectif/moyens) ; alors qu’il relève que l’alliance correspond à une logique à trois termes : soi, l’autre différent de soi ET la relation de partage entre soi et l’autre. Et il montre toute la pertinence et la puissance qu’il y a, justement, à s’appuyer sur une logique ternaire, qui correspond à un mouvement humanisant, pour élargir les possibles (Par exemple, au-delà de la binarité objectifs/moyens, l’importance qu’il y a à introduire un troisième élément – la relation de partage – qui transforme l’opposition en alliance créatrice).

 Une méthode d’action concrète

Cette approche dépasse les limites du développement durable et de la décroissance en changeant la finalité même de l’activité économique : chercher non plus tant à créer « plus de biens » mais « plus de liens » : chercher à créer des occasions de relations de partage.

Trois axes d’actions

Philippe Lukacs ne se contente pas de théoriser. Il dégage trois axes sur lesquels agir pour favoriser des alliances, en donnant, à chaque fois, des exemples pour lancer la réflexion de chacun :

1. Favoriser l’épanouissement des personnes dans leurs multiples dimensions

2. Multiplier les relations de partage entre personnes et groupes

3. Développer la sensibilité à l’environnement et au « non-chiffrable »

L’art de créer du « commun »

L’originalité de l’approche réside dans sa praticité : il s’agit d’ajouter à chaque action professionnelle ou personnelle une « dimension relation » génératrice d’un « en plus » partagé. Cette démarche transforme progressivement la nature même de nos interactions.

« Faisons en sorte que nos échanges aillent au-delà d’un simple échange. Cherchons à générer avec nos interlocuteurs un ‘en plus’ partagé » (page 124)

« Ce n’est pas de passer en totalité de la logique de réification à celle de l’alliance.  Le changement à réaliser est de changer de centre de gravité : privilégier le plus possible, la logique de l’alliance » (page 79)

« En toutes occasions, dans notre activité professionnelle, dans nos engagements, imaginons comment du « commun » pourrait être partagé, et à le créer. » (page 85)

Des apports indéniables de cette pensée

Philippe Lukacs propose une synthèse originale entre anthropologie, management et écologie qui renouvelle notre compréhension des enjeux contemporains. Sa critique de la réification dépasse les analyses purement économiques pour toucher aux fondements anthropologiques de nos dysfonctionnements.

L’aspect opérationnel de sa démarche constitue un atout majeur : plutôt que d’attendre un changement systémique, il montre comment chacun de nous peut, à son niveau, agir dès maintenant.

Un manifeste pour notre époque

« Vers une économie de l’alliance » dépasse le simple essai de management pour proposer une véritable anthropologie politique adaptée aux défis du XXIe siècle. Philippe Lukacs nous invite à un changement de regard radical : voir dans l’autre non plus un concurrent ou un client, mais un partenaire dans « l’invention de vivre ».

Ce livre s’adresse à tous ceux qui pressentent que les solutions techniques ne suffiront pas à résoudre la crise écologique et sociale, et qu’il faut repenser nos façons d’être ensemble. Managers, citoyens, militants y trouveront des clés concrètes pour transformer leurs actions tant professionnelles que personnelles en leviers de changement civilisationnel. « Partir d’un a priori de confiance avec l’autre, chercher à dépasser une simple relation d’échange, chercher à créer du commun avec l’autre, un « en plus » partagé au-delà de l’échange, c’est un mouvement créateur de vivre » (page 124)

Dans un monde où l’accélération technologique menace de déshumaniser toujours davantage nos relations, Philippe Lukacs nous rappelle cette évidence : nous ne sommes vivants qu’à la hauteur de notre capacité à recevoir la vie d’autrui et sa reconnaissance dans le partage. Une leçon d’humanité dont l’urgence n’a jamais été aussi criante.

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Stratégie d’entreprise : Comment identifier et franchir les rochers qui bloquent vos ambitions


La stratégie selon Marc Sniukas : simplicité et efficacité

Marc Sniukas nous offre dans son dernier post une approche remarquablement simple et opérationnelle de la stratégie d’entreprise. Sa définition résonne par sa clarté : « La stratégie consiste à déterminer comment vous répondez aux défis et opportunités spécifiques qui bloquent vos ambitions ». Cette simplicité apparente cache une profondeur stratégique souvent négligée dans le monde des affaires.

La métaphore du rocher : visualiser les obstacles stratégiques

Imaginons notre parcours vers nos ambitions comme un sentier de montagne. Sur ce chemin, des rochers de différentes tailles peuvent barrer notre progression. Le premier rocher, celui qui se dresse immédiatement devant nous, mérite toute notre attention. Car tant qu’il ne sera pas traité ou contourné, aucun effort sur les obstacles suivants ne servira à rien. Pire encore, ne pas l’identifier peut mener à une collision frontale.

Les deux questions stratégiques fondamentales

Cette métaphore nous conduit naturellement à deux questions essentielles :

  1. Quelle est précisément mon ambition et pourquoi ?
  2. Quel est le rocher qui, dans l’instant présent et compte tenu de ma situation réelle, s’oppose à ma progression ?

Ces interrogations ne sont pas indépendantes. Elles interagissent dans un dialogue permanent entre nos aspirations et la réalité du terrain.

L’interaction dialectique entre ambition et réalité

L’art de la stratégie réside dans cette capacité à naviguer entre nos ambitions et les contraintes du réel. Parfois, nous devrons adapter nos objectifs aux rochers rencontrés. D’autres fois, la force de nos ambitions nous poussera à affronter ou contourner l’obstacle. Cette tension créative entre idéal et pragmatisme constitue le cœur de toute démarche stratégique efficace.

L’approche adaptative de Peter Compo : éliminer les goulots d’étranglement

Peter Compo, dans son ouvrage « The Emergent Approach to Strategy« , développe une vision complémentaire. Pour lui, « l’approche adaptative considère la stratégie comme la règle centrale d’un cadre de travail conçu pour éliminer les goulots d’étranglement (les problèmes critiques) qui empêchent d’atteindre nos aspirations ».

Son approche met l’accent sur la compréhension des dynamiques internes et externes de notre écosystème. En se concentrant sur les obstacles majeurs, les équipes conservent leur énergie et consacrent leur temps uniquement aux éléments cruciaux pour progresser.

Deux principes directeurs pour l’action

Cette réflexion nous amène à deux règles de conduite simples mais puissantes :

  1. Clarifier et partager : Avoir une ambition précisément définie et partagée avec ses équipes et parties prenantes
  2. Identifier et décider : Être lucide sur les obstacles et déterminer s’ils peuvent être surmontés ou si l’ambition doit être adaptée

L’analogie de la randonnée : accepter la responsabilité de nos choix

Tout randonneur expérimenté a vécu cette situation : dans les derniers mètres avant le sommet, un passage difficile nous confronte à ces mêmes questions stratégiques. Rocher instable, vertige face au vide, pierrier dangereux… À ce moment, nous devons choisir entre persévérer, contourner ou renoncer. Ces décisions peuvent transformer une belle randonnée en tragédie, rappelant que nos choix stratégiques portent toujours des conséquences.

Conclusion : Passez à l’action dès aujourd’hui

La stratégie n’est pas un exercice théorique. Elle demande du courage, de la lucidité et de l’action. Aujourd’hui même, prenez le temps de répondre à ces deux questions fondamentales pour votre projet, votre entreprise ou votre carrière.

Identifiez votre rocher prioritaire et décidez comment vous allez le franchir.

Commencez par cartographier vos ambitions principales, puis listez les trois obstacles les plus immédiats. Choisissez le premier et élaborez un plan d’action concret. Partagez cette réflexion avec votre équipe ou vos proches conseillers.

N’attendez pas demain. Votre sommet vous attend, mais il vous faut d’abord franchir le rocher qui se dresse devant vous.

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Et si la stratégie était moins une question de plans parfaits… que de mélodies incomplètes ?

Stratégie : l’art de composer avec l’incertitude, entre doute et détermination.

Un grand merci au Dr. George Wainaina pour sa question de savoir quelle définition je donne de la ce qu’est la Stratégie…. Une question que je craignais de me voir posée en écrivant mon post sur la difficulté de la définir en commentaire de l’article de Timothy Timur Tiryaki, PhD 😉) En effet s’il est facile de dire ce que la stratégie n’est pas, il est plus difficile de dire ce qu’elle est.

Pour s’accorder sur la définition que je donne de la stratégie, je dois, pour les non musiciens, une explication sur le titre de cet article.

Le si bémol majeur : une tonalité ambiguë

En musique, le si bémol majeur est une tonalité riche mais instable :

–   Elle évoque à la fois la gravité (proche du do mineur, tonalité du drame) et l’espoir (sa relative majeure, ré bémol, est lumineuse).

–   Comme en stratégie, elle oscille entre ce qu’on maîtrise (la partition, votre projet) et ce qui échappe (les réactions imprévisibles du marché, des concurrents).

A l’exemple d’un chef d’entreprise lance un produit innovant (sa « partition ») sans savoir comment les consommateurs l’accueilleront (les « notes manquantes »). Il doit improviser en gardant la mélodie globale — comme un jazzman qui suit une grille d’accords tout en s’adaptant aux autres musiciens.

Cette formule s’efforce de capturer à la fois l’incertitude (« la méconnaissance de cause ») et la dimension à la fois mélancolique et résolue de l’action stratégique.

La stratégie est un art et non une science

Pour commencer, disons que la stratégie n’est pas une science mais un art. Et là presque tout est dit. Contrairement à une science, le résultat d’un art n’est pas anticipable (à moins de répéter à l’infini toujours le même tableau, ou le même roman, ce qui n’est plus de l’art mais de l’industrie ! …).

Agir en méconnaissance de cause : La stratégie n’est pas un calcul froid, mais un pari éclairé.

On agit sans certitude (comme un général ignorant les plans de l’ennemi, ou un startuppeur testant un marché). Mais on le fait au service d’une cause (votre mission), qui donne un cap malgré l’incertitude. Clausewitz parlait du « brouillard de la guerre » (Nebel des Krieges). La stratégie, c’est avancer dans ce brouillard avec une boussole (son projet) et sans carte détaillée.

L’art d’avancer dans le brouillard, avec une partition incomplète.

La stratégie est l’art de poser des hypothèses de ce qui peut se passer l’autre côté de la colline, cette colline qui vous cache « l’ennemi ». C’est décider en méconnaissance de cause.

L’art du « Si … »

Toute action est portée par une stratégie, la plupart du temps informulée ou implicite et non explicitée : l’espoir de voir se réaliser ce qui est recherché par l’action entreprise. Si je fais ceci alors j’ai l’espoir d’obtenir cela.

Toute stratégie élaborée élabore les différentes hypothèses de ce que ce qui peut surgir de ce brouillard une fois qu’il se dissipera.

Une partition incomplète mais un thème clair, celui de la mission.

La stratégie est un art d’agir mis au service d’un objectif qui est lui-même au service d’une mission et d’un projet. L’art d’imaginer les différents scénarios permettant l’atteinte de cet objectif tout en sachant que l’objectif pourra lui-même évoluer en fonction des circonstances qui se présenteront au cours du « combat ».

Le terme de combat par son étymologie (Cum = avec) devant utilement s’entendre comme un combat « avec » plutôt que « contre » pour atteindre la réussite du projet et l’accomplissement de la mission.

Cet art ne se résume pas à être « agile » et à danser avec le « concurrent » (toujours le « cum » au sens de « avec », ou plutôt à être agile dans ses propres chaussures. C’est-à-dire avec et en tenant compte de ses propres moyens du « ici et maintenant » (certains parlent d’ »effectuation ») tout en intégrant que ces moyens pourront évoluer dans le temps et en fonction des circonstances rencontrées.

La partition stratégique : une sonate en trois temps

Pour pousser la métaphore musicale, j’évoquerais une partition stratégique en trois temps :

1. Silence : Ecouter le marché et les signaux qu’il envoie

Airbnb a pivoté en 2009 après avoir écouté ses premiers utilisateurs (passant des matelas gonflables aux logements).

2. Thème : Lancer une action claire,

Tesla mise sur les voitures électriques avant que le marché ne soit mûr.

3. Adaptations : Improviser les variations en fonction des « contre-chants » du marché

Netflix transforme un déclin (celui de Blockbuster) en opportunité — passant du DVD  au streaming comme un jazzman qui change de tonalité en cours de morceau

 

Votre projet est une mélodie, le marché en écrit les contrechants.

Et vous, quelle est votre partition incomplète ?

La stratégie, c’est oser jouer une mélodie dont on ne connaît pas toutes les notes, mais dont on croit à la beauté.

Trois questions pour passer à l’action :

  1. Quelle est votre mission (votre « thème » musical) ?

  2. Quelles hypothèses faites-vous sur « l’autre côté de la colline » ?

  3. Comment allez-vous écouter les « contrechants » du marché pour ajuster votre partition ?

 Cet article est une invitation à la discussion. Vous avez un exemple de stratégie « en si bémol » ? Un échec qui vous a appris à composer avec l’incertitude ? Partagez-le en commentaire — les meilleures partitions s’écrivent à plusieurs.

 

 

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