
La cravate entre au musée : un choc générationnel
Quelle surprise en découvrant la lettre du Musée du Management de février : la cravate y est exposée comme une relique ! Alors qu’elle avait progressivement déserté nos bureaux et nos plateaux télé, la voir ainsi mise au musée m’a provoqué un de ces petits chocs qui vous rappellent le temps qui passe. Belle initiative que ce musée des idées managériales, qui incarne les grandes évolutions de notre monde professionnel à travers des objets symboliques.
Le costard-cravate, uniforme d’une époque révolue
Cette cravate, indissociable de son costard, renvoie à une époque finalement pas si lointaine où le « costard-cravate » constituait l’uniforme incontesté du monde professionnel. Je me souviens de mon premier costume, acheté pour passer les oraux de concours : le sésame indispensable pour « entrer dans le système ».
Une révolte prémonitoire contre les apparences
Avec un demi-siècle de recul, je repense avec nostalgie à ma révolte de jeunesse contre cet « appendice inutile entravant le cou ». J’appelais déjà à sa disparition… il y a 50 ans ! Une anecdote me revient : lors d’un grand oral, face à cinq examinateurs tous costumés-cravates, l’un d’eux se moqua du fait qu’ayant fait une école militaire, j’avais dû souffrir du port de l’uniforme. En les désignant du doigt, je lui répondis spontanément : « Et vous, vous ne portez peut-être pas l’uniforme ? » Cette répartie révélait déjà l’essentiel : nous portons tous des uniformes, simplement nous ne les reconnaissons pas toujours.
Du col fermé au col ouvert : une vraie libération
Aujourd’hui, nous avons « tombé » la cravate, et cette disparition libère réellement l’esprit. Il existe une différence fondamentale entre les civilisations des « cousus » (les cols fermés) et celles des « drapés » (les cols ouverts). Le passage de l’un à l’autre traduit une évolution profonde de notre rapport au travail, à la hiérarchie et à l’autorité.
Le costard-basket : nouveau code ou nouvel uniforme ?
Une interrogation demeure néanmoins : sommes-nous passés du « costard-cravate » au « costard-basket » ? Le symbole aurait ainsi simplement migré de la tête aux pieds. Les baskets au bureau, nouvelle norme du management moderne, ne constituent-elles pas un nouvel uniforme, celui de la « cool attitude » obligatoire ? Comme pour la cravate il y a cinquante ans, il faudra sans doute une génération pour que nous prenions le recul nécessaire sur ce nouveau code vestimentaire.
Conclusion : Quelle authenticité derrière nos tenues ?
Au-delà de l’anecdote vestimentaire, cette évolution nous invite à une réflexion plus large : quels sont les véritables symboles de notre culture managériale aujourd’hui ? Avons-nous réellement abandonné les uniformes ou simplement changé de costume ? La vraie question n’est pas de savoir si nous portons des cravates ou des baskets, mais de comprendre ce que ces choix révèlent de notre rapport au pouvoir, à la créativité et à l’authenticité au travail.
Et vous, quels symboles vestimentaires ont marqué votre parcours professionnel ? Partagez vos réflexions et expériences dans les commentaires. Ensemble, continuons d’interroger les codes qui façonnent notre monde du travail.
Un immense merci à @Albert David pour cette belle initiative du Musée du Management et pour la qualité de ses lettres qui nourrissent notre réflexion collective.


