“A vos Marques, Promettez, Tenez !”

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170811.emoticon.pour articles sur CHP et CEOSoyez uniques, promettez et tenez  votre promesse.

Un article récent de Pascal Fourtoy intitulé «  Soyez exceptionnels, tenez simplement votre promesse » m’amène à pousser ma réflexion sur le thème de la promesse. Un thème qui me tient particulièrement à cœur du fait de ses multiples implications.

Cette réflexion vaut tant pour l’individu (c’est-à-dire chacun d’entre nous) que pour l’entreprise. Or, comme par un fait exprès,  j’ai remarqué que chaque fois que cela est le cas, la réflexion a d’autant plus de sens et de valeur.

Il est probable que ce thème déplaira à bon nombre par la connotation morale qui est souvent attachée à cette notion de promesse et quand on sait en quelle piètre estime est souvent tenue une promesse dans notre société ; Je n’en veux pour preuve que le sinistre” une promesse n’engage que ceux qui y croient “.

Le thème que soulève Pascal Fourtoy est important car il pose non seulement la question de la tenue de la promesse faite mais également celle de faire une promesse et de s’engager à la respecter.

La promesse a mauvaise presse.

Il est étonnant de remarquer que le terme même de promesse renvoie souvent négativement à la perspective d’une promesse non tenue.

Celui qui s’attache à faire et à tenir sa promesse peut même passer pour un psychorigide tant le pragmatisme est devenue une valeur primée entre toutes. Or le pragmatisme sert souvent d’excuse pour un non-respect d’un engagement et une recherche de profiter, au mieux de ses seuls intérêts, des situations sans cesse changeantes qui se présentent et dont il faut tirer parti. Faire une promesse devient au regard du pragmatisme un empêcheur de profiter dans l’instant.

Dès lors pourquoi promettre quoi que ce soit ? Cela nous empêcherait de profiter de l’instant présent et des opportunités qui ne manqueront pas d’apparaître.

S’il est difficile de tenir une promesse, il l’est tout autant de faire une promesse qui ait des chances d’être tenue.

Pourquoi est-ce si difficile de faire une promesse ? Et de la tenir ?

Tant que la promesse n’est pas l’expression de ce que nous sommes réellement ou de ce que nous voulons devenir, trois possibilités s’offrent à nous qui avons fait cette promesse:

  1. Nous lamenter de notre inconséquence : « Pourquoi avoir fait cette promesse et que pourra bien nous rapportera le fait de la tenir ? »
  2. Nous résoudre par obligation morale à la tenir. Tenir cette promesse, en exigeant des efforts contre (notre) nature, nous coûtera une énergie démesurée et sans retour. La promesse devient une obligation qui pèse et qui si elle est tenue ne l’est que par obligation morale.
  3. Ne pas tenir cette promesse, soit en l’oubliant soit en invoquant le nécessaire pragmatisme, est probablement ce à quoi cette promesse nous engage.

Au-delà de toute contrainte morale la promesse qui nous exprime est la seule promesse prenable et tenable.

Comment être certain de tenir la promesse sur laquelle nous nous engageons ? Le meilleur moyen de s’engager sur une promesse et d’être crédible en le faisant est d’être sa promesse.

Seule une promesse qui exprime totalement ce que nous sommes et qui nous sommes a une chance d’être tenue et d’être crédible aux yeux de ceux à qui nous demandons d’y croire. La promesse sur ce que nous voulons devenir et que nous nous engageons à devenir ne sera crédible et tenable que si les actions de changement pour y parvenir et la volonté d’évolution garantissent l’atteinte du changement nécessaire.

Aussi une promesse qui engage est-elle une promesse qui exprime très fidèlement celui que nous sommes ou que nous nous engageons à devenir.

Tenir cette promesse ne sera pas, alors, une contrainte puisqu’elle nous correspond. Elle nous aide, de plus, à rester fidèle à qui nous sommes et voulons être. Véritable ligne de vie, elle nous sert de fil rouge, dans notre comportement, dans nos actions et nos décisions quotidiennes.

La promesse est le support de la confiance et du sens qu’elle permet de consolider.

La confiance est le ciment qui rend possible toute vie sociale et partagée. Tous nos contacts ne sont que promesses (d’une compétence, d’une amitié, d’une rétribution, …) et tous nos contacts reposent sur une promesse (qui sera ou non tenue). La promesse est la base même de tout accord.

Au moment où la demande de sens récurrente s’exprime de plus en plus fortement chez les jeunes et moins jeunes générations, la promesse et tout son « écosystème » sont un des rouages essentiels de l’enclenchement de la confiance, et du sens qu’elle porte.

Il en est de même pour les entreprises quelles qu’elles soient. Sans promesse pas d’entreprise.

Seul le client et la promesse qui lui est faite et qu’incarnent le produit ou le service que l’entreprise délivre au marché fondent l’entreprise. Sans client qui adhère à la promesse l’entreprise n’existe pas.

Définir, communiquer et s’engager sur sa promesse, puis délivrer effectivement cette promesse au marché est le cycle vertueux de la réussite de l’entreprise.

Un cycle exigeant qui nécessite clairvoyance et courage de la part de l’entreprise dans la définition de sa vision (ce qu’elle est et ce qu’elle s’engage à devenir).

Un cycle exigeant et qui nécessite cohérence, ténacité et résolution dans le respect jour après jour de sa promesse de délivrer … sa promesse.

La « Marque » dans son sens plein du mot est à la fois promesse de l’entreprise et la garantie de la promesse tenue.

Je m’étonne de constater que bien souvent lorsque j’aborde le concept de marque, mes interlocuteurs n’envisagent, parfois avec une moue réprobatrice, la notion de marque que sous le seul aspect marketing du terme. Ils ont du mal à intégrer que la marque d’une entreprise, envisagée dans son sens le plus fort, celui que je défends ici, est l’expression de l’entreprise à la fois dans son identité et sa singularité et dans sa raison d’être.

Doit-on voir dans cette vision biaisée et souvent négative de la notion de « marque », le constat désabusé de trop de promesses non tenues par les marques « testosteronisées » ou « photoshopées » par les directions marketing. Des promesses dans lesquelles les équipes de l’entreprise elles-mêmes ont bien souvent du mal à se reconnaitre et à reconnaître leur propre entreprise.

Or, au sens plein et fort du terme, la marque d’une entreprise est ce qui la définit, ce qui la distingue, et la particularise, non seulement dans sa dimension commerciale mais dans l’ensemble de ses composantes.

Cette marque qui est une promesse faite au marché et aux parties prenantes de l’entreprise donne le sens de l’action de l’entreprise et fonde sa raison d’être. Ainsi la marque sera d’autant plus puissante que la promesse faite au marché sera précise et que l’ensemble de l’entreprise sera configurée et managée pour garantir la délivrance réelle de cette promesse.

Le management par la marque, ou l’alignement sur la promesse.

Dès lors, et après l’exigeant travail de définition de la vision de l’entreprise, les efforts de l’entreprise porteront-ils sur l’alignement sur cette vision de l’ensemble des composantes mises en œuvre pour la réaliser et délivrer la promesse de la marque : la stratégie, l’organisation, les ressources les objectifs, et les plans d’action de l’entreprise.

Aussi, en tant qu’individu ou d’entreprise travaillons à la définition de notre marque, promettons et tenons ! Nous en bénéficierons tous au-delà de l’effort nécessaire pour y parvenir.

 


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